[Avis] Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

Ne tournons pas autour du pot. Ce « Dallas Buyers Club » est une machine à Oscars. Et pourtant personne ne l’attendait vraiment. Un relativement petit budget (5 millions de dollars), 25 jours de tournage, ce film du québécois Jean-Marc Vallée ne semblait pas de taille pour combattre les géants du cinéma hollywoodien.

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Cependant le film commence à rafler récompenses sur récompenses dans différents festivals. Pour le côté histoire vraie à laquelle on ne peut être insensible. Pour le sujet fort. Et surtout pour son interprétation hors normes de Matthew McConaughey  et Jared Leto.

Matthew McConaughey (La Défense Lincoln, Magic Mike, le Loup de Wall street…) a perdu 20 kilos pour le rôle de Ron Woodruf, le rebelle sidéen qui veut mourir « ses santiags aux pieds ». Et dans sa performance,  il n’y a pas qu’une simple perte de poids : McConaughey passe par toute la gamme des émotions humaines… Normal que l’acteur ait déjà gagné des prix pour son interprétation ( au Rome Film Festival, au Palm Springs International Film Festival, à l’Hollywood Film Festival, aux Gotham Awards et pour finir aux Golden Globes). Il est plus que probable qu’il décroche l’Oscar. Ceci dit, ses concurrents sont impressionnants.

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Second atout majeur du film :  Jared Leto qui interprète Rayon, un travesti drogué séropositif. Un rôle potentiellement très casse gueule. L’acteur qui a commencé dans « Angela 15 ans »,était bluffant dans « Requiem for a Dream » en 2000 où il interprétait déjà un accro à la drogue qui s’autodétruisait…  Lui aussi a visiblement perdu du poids pour le rôle , et pris à cœur son rôle ( on dit qu’il restait habillé en femme pour faire ses courses.) L’acteur campe un beau personnage, drôle, désespéré, dur en affaires et tendre… Les aveux au père ou sa triste fin devrait toucher le plus grand nombre. Leto a déjà  reçu le Golden globe du Meilleur acteur dans un second rôle pour cette performance.

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Le récit ne se contente pas de dresser le portrait de deux individus touchés par la maladie.  Il offre une critique de la Food Drug Administration, de l’industrie pharmaceutique et de certains médecins dans les hôpitaux. En effet,  à l’époque, les patients  volontaires étaient traités avec un nouveau médicament à doses massives, l’AZT. Les thérapies alternatives n’étaient pas admises aux USA, ce qui a amené Woodruf à dealer ces produits alternatifs ( comme la peptide T) . Heureusement le personnage – fictionnel – du Dr. Eve Saks (Jennifer Garner ) se pose des questions sur ces pratiques et représente un peu l’éthique médicale.

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Cette œuvre est originale, et pourtant elle m’a fait penser à  des films oscarisés… « Philadelphia »  pour la description du SIDA et pour la performance de Mc Conaughey qui éclipsera presque celle de Tom Hanks. Le personnage de Woodruf ressemble aussi par certains aspects à l’avocat d’abord homophobe (Denzel Washington) qui se prend d’amitié pour son client( Hanks). Toujours sur le thème du VIH et du sida,  on pense à la comédie musicale devenue film « RENT » ou  à la sérié « Angels in America ». Enfin pour le côté « seul contre tous », on pense à  une autre biopic « Erin Brockovich »et au combat à la David contre Goliath qu’elle mena.

La différence vient du fait que Jean-Marc Vallée insuffle une bonne dose d’humour salvateur à ce drame, notamment dans la relation entre Rayon et Ron. Le réalisateur n’est pas prude et nous montre du sexe cru et la maladie sans fards. Quelques scènes sont peut-être de trop (la métaphore du rodéo avec le taureau), mais « Dallas Buyers Club » met la barre très haut pour les Oscars. On retiendra surtout les superbes interprétations des acteurs, Matthew McConaughey et Jared Leto en tête. Et une histoire touchante contre un terrible virus.

 

DALLAS BUYERS CLUB

 

Un film de Jean-Marc Vallée

avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto

LE 29 JANVIER AU CINÉMA

 

Distributeur : UGC Distribution

Synopsis

 « 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie. »

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Un commentaire en réponse à [Avis] Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

  • Leo M  dit:

    J’ai trouvé le film un peu lourd au départ, mais ensuite je me suis laissé séduit par cette belle histoire d’un homme déterminé qui lutte contre la maladie.

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