[Critique] Jane Eyre avec Michael Fassbender et Mia Wasikowska

 

L’affiche française de Jane Eyre (2012) (c) UGC

Comme un certain nombre de lecteurs et d’amateurs de romantisme, j’attendais avec impatience cette énième adaptation de Jane Eyre. Tout d’abord, parce que j’apprécie beaucoup le roman de Charlotte Brontë .
Ensuite, par curiosité : comment le duo composé de beaux acteurs ”bankables” allait-il fonctionner ? Et quelle serait la vision du réalisateur, comment adapterait-il ce livre ?
Le festival du film romantique de Cabourg m’a permis de voir Jane Eyre version 2012 en avant-première et de répondre à ces questions.

 

Jane Eyre (2011 film)
Jane Eyre (2011) (Photo: Wikipedia)

 

Critique

Bis repetita. On ne compte plus les adaptations au cinéma et à la télévision de Jane Eyre , on en recense une quinzaine…

Sur ce blog, je vous parlais il y a quelques mois du  Jane Eyre de 1944 , à mon sens l’une des plus belles adaptations. Il  existe aussi une version datant de 1996 – avec Charlotte Gainsbourg et William Hurt – qui est plutôt réussie.

Cette fois, on a Mia Wasikowska  (très émouvante dans Restless) dans le rôle titre et le très en vogue Michael Fassbender (récemment vu dans Prometheus) dans les rouflaquettes d’Edward Rochester.

Le résultat est assez fidèle au roman,  mis à part  le montage en  flashbacks – et même si certains passages ou personnages ont été supprimés, certainement pour plus d’intensité dramatique à l’écran. Par contre,on passe assez rapidement sur les jeunes années de Jane, sa période de formation au pensionnat de Lowood. Dommage, car c’est ce qui a façonné la personnalité de Jane, et nous permet d’être en empathie avec elle.

Passons au casting :  bon choix ou mauvaise pioche  ?
Dans mon billet sur le “Jane Eyre” de 1944 , je trouvais les personnages principaux un peu trop beaux pour être fidèle au roman, mais c’était avant de voir ce film …  Finalement, Mia Wasikowska convient au rôle : elle possède la jeunesse, la gracilité et le côté sombre et triste de Jane Eyre. On pourra quand même arguer qu’elle est un peu trop jolie pour le rôle, même enlaidie par les tenues austères de Jane et les yeux rougis par les larmes.

Quant à Michael Fassbender, j’avais vraiment des réserves. Trop beau, trop jeune… Puis je me suis souvenu de son interprétation de Jung dans A Dangerous Method de Cronenberg -autre film en costumes, avec des personnages oscillant entre raison et sentiments.
Bien entendu, il ne faut pas le comparer à Orson Welles – le meilleur choix à mon avis pour Rochester- mais Fassbender campe un Edward ambigu d’une façon plutôt intéressante. Le feu sous la glace, la cruauté et la bonté mêlées. Au début, on ne sait pas s’il veut humilier ou aimer Jane.

Notons que Michael Fassbender est mis en avant sur l’affiche, mais Mia Wasikowska a plus de scènes à l’écran –  ce qui est normal, c’est elle, l’héroïne! Drôle de choix, surtout que l’affiche anglo-saxonne met les deux protagonistes à même échelle. Je trouve personnellement que l’affiche originale est plus réussie…

Les interprètes secondaires sont très bien – mention spéciale à Dame Judy Dench, toujours impeccable  (Madame Fairfax) et  à Sally Hawkins (dans le rôle  antipathique de Madame Reed : une première ! ). Citons également  le jeune Jamie Bell dans le rôle de St John River Au début  il est sympathique, il veut aider Jane … Mais, d’une réplique, son personnage change de ton. Étrange :je ne l’avais pas trouvé jaloux ou antipathique dans le roman, il me semblait que les deux personnages se quittaient en bon terme. Le personnage d’Adèle Varens, la protégée de Rochester, a un accent français assez spécial dans le film, elle a fait sourire ou rire les spectateurs dans la salle, mais cela ne m’a pas gênée.

Une réussite visuelle.
Les décors avec des intérieurs plutôt sombres sont majestueux et créent une atmosphère de suspense. Atmosphère renforcée par la musique. La photo est magnifique, tout comme les paysages qui évoluent selon les quatre saisons.

Rien de très novateur dans la BO : violons, piano, je n’en ai rien retenu. Quant aux costumes, ils sont bien réalisés et assez représentatifs de l’époque, je pense. Le maquillage de Michael Fassbender sur la fin est assez réaliste… De la belle ouvrage mais peu d’émotions au final.

En conclusion :

Une belle illustration de ce classique de la littérature anglaise , mais sans grande  originalité ou puissance émotionnelle.
Fans du livre, vous aimerez ce film. Amateurs de films classiques, vous devriez aimer ce film.
Les romantiques seront comblés –  quoi de plus romantique que cette histoire ?  Les supporters de  Mia et Michael ne seront pas déçus par leurs performances (enfin, les femmes peut-être : pour une fois, Michael ne se déshabille pas !)

Synopsis

L’Angleterre, au XIX ème siècle. Jane Eyre est engagée comme préceptrice de la petite Adèle chez le riche Edward Rochester. Cet homme ombrageux ne tarde pas à être sensible aux charmes de la jeune orpheline. C’est le début d’une folle passion…

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Jane Eyre

Interprétation:  Mia Wasikowska (Jane Eyre), Michael Fassbender (Lord Edward Rochester), Jamie Bell (St John River), Judi Dench (Madame Fairfax), Sally Hawkins (Madame Reed), Imogen Poots (Blanche Ingram), Jayne Wisener (Bessie), Sophie Ward (Lady Ingram), Tamzin Merchant (Mary Rivers), Craig Roberts (John Reed), Freya Wilson (Eliza Reed), Holliday Grainger (Diana Rivers), Simon McBurney (Brocklehurst), Harry Lloyd (Richard Mason), Valentina Cervi (Bertha)

Réalisation Cary Joji Fukunaga

Scénario Moira Buffini D’après une nouvelle de Charlotte Brontë

 

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