[Cannes 2017] VISAGES VILLAGES réalisé par Agnès Varda et JR

Présenté au dernier Festival de Cannes, VISAGES VILLAGES,réalisé par Agnès Varda et JR, est un documentaire qui a tout pour plaire. A découvrir en salles le 28 juin prochain.

Avis :

Voyage, voyage … Visages , villages , amitié entre deux âges.
À bord de ce curieux photomaton ambulant conduit par JR, Mademoiselle Varda, du haut de ses 88 printemps, ne montre aucune lassitude. Elle est en permanence en marche, Agnès.
Simplement quand elle doit grimper de nombreuses marches d’un vieux bâtiment et que JR l’a devancé en lui criant “tu viens? ” elle lui répond qu”‘elle a mal aux escaliers”.
Elle évoque aussi ses yeux malades qui lui montrent le monde tout flou mais elle ne s’en plaint pas. JR la taquine beaucoup sur son âge mais elle ne se vexe pas car cette grande dame du cinéma ne manque pas d’humour.L’humour, c’est un des charmes de ce film.

L’une chante, l’autre pas“est une des belles réalisations engagées de la cinéaste plasticienne.
Ici, l’un, JR, reproduit des yeux partout mais cache les siens. Il est habillé en noir, porte des lunettes noires et aime la photo en noir et blanc.Il est secret sur sa vie privée et cultive son anonymat.
L’autre, Agnès, porte des tenues chamarrées, refuse d’avoir des cheveux tout blancs et dit aimer la couleur. Elle tient à préserver sa vie privée mais elle évoque facilement quelques souvenirs avec son cher Jacques Demy.
Ces deux -là sont différents mais ils sont au diapason.
55 ans les séparent mais plusieurs points communs les réunissent dont l’originalité, le goût des autres, une curiosité insatiable et surtout la passion des images.

Ce qui ressort de ce long métrage, c’est le désir de faire plaisir à des inconnus, en leur rendant hommage en valorisant leur image dans un format géant.
L’intention est plutôt louable mais parfois cet exhibitionnisme peut être gênant.
Telle Nathalie, cette discrète jeune serveuse de restaurant et mère de famille qui exprime son malaise devant sa photo (magnifique) en grand sur une façade. Son patron explique que d’inconnue, elle est passée rapidement au statut de vedette , son image reproduite sur les réseaux sociaux et la photo attirant beaucoup de curieux dans le village.
Mais pour la plupart des “victimes ” consentantes, le bonheur et la fierté sont au rendez-vous.

L’émotion n’est pas simulée ( et la nôtre non plus ) quand Jeannine , la dernière survivante du coron de Bruay – la Buissière voit sa tête immense sur le mur de sa maison appelée à disparaître.
Très beau moment d’émotion également quand trois femmes de dockers atteignent presque les étoiles au Terminal de France du port du Havre.
Et le facteur, Jacky Patin, recouvrant toute une façade ; et l’éleveuse qui défend les cornes de ses chèvres… Et puis bien d’autres personnages vrais et attachants.

Un autre charme réside également dans les dialogues des deux comparses souvent drôles et directs. Ah, quand Agnès Varda qualifie son ami Godard de “peau de chien” , cela vaut le déplacement ! Et quand JR invite la cinéaste expérimentée à utiliser Instagram , cela vaut le coup.

Regarder autour de soi, s’intéresser aux autres, savoir s’émerveiller, ces recommandations sont transmises avec talent et générosité par les deux réalisateurs dans ce film réussi.
Un exemple touchant d’une amitié inter – générations et la mise en valeur d’une France souvent oubliée.
Mention très bien.

VISAGES VILLAGES

Documentaire de Agnès Varda, JR
Date de sortie 28 juin 2017 (1h 29min)

Images (c) Le Pacte

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