[Avis] MIA MADRE de et avec Nanni Moretti

Ma mission était de voir le dernier Moretti pour l’émission le Festival des bons films.

mia madre

« Vas-y, c’est de la bonne came » me disait-on. Mamma mia, quelle promesse de cinéphile !

Le fait que « Mia Madre »  ait été sélectionné au dernier Festival de Cannes 2015 me rassurait : il me semblait que c’était un gage de qualité. De même que le thème de l’amour filial me semblait plutôt tentant… « Mia Madre » serait- il le « Tout sur ma mère » de Moretti ? Était-ce une autobiographie déguisée ? En même temps,  « Habemus Papam » m’avait plutôt ennuyée, en dépit de la présence de Piccoli et d’une certaine originalité. Et puis je n’avais pas spécialement envie de voir un fim sur la fin de vie… Voici mon avis express sur « Mia Madre ».

Synopsis :
Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

AVIS

Mamma Mia, here he goes again…

Dans « Mia Madre »,   Moretti nous parle de cinéma…  Une mise en abyme qu’on a déjà vu (par exemple dans « La Nuit Américaine »).  En effet, le personnage principal,  Margherita  (Margherita Buy) est réalisatrice : c’est aussi le double féminin de Nanni Moretti.

La mère de Margherita est en train de mourir, sa fille est en crise d’adolescence, son amant – qu’elle quitte – est aussi acteur dans le film qu’elle tourne, son frère passe plus de temps auprès de sa mère qu’elle, elle peine à faire son film… Tout cela est très réaliste. Va t-elle perdre pied au niveau professionnel, arrêter le tournage ? Noyer sa peine dans le travail ? Comment gérer une crise personnelle grave quand on doit guider une équipe pour créer un film ? Cette partie n’est pas totalement inintéressante, mais cette auto-réflexion sur le cinéma est assez stérile, ainsi que sa conclusion :  il n’y a finalement pas de règle, que le cinéaste n’a pas la science infuse et doit savoir communiquer avec les acteurs et le reste de l’équipe… Ainsi, Margherita s’aperçoit qu’il ne sert à rien de donner un conseil de jeu à un acteur, conseil qu’elle ne comprend même pas elle-même…

Il faut souligner que Moretti s’inspire de sa propre expérience : sa mère est décédée lors du tournage de son précédent film « Habemus Papam« .
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Heureusement,  il y a le personnage de John Turturro : l’acteur fétiche des frères Coen, joue un comédien américain, et grâce à lui on respire un peu, on sourit et on rit (enfin). Sa danse dans une scène d’anniversaire,  ses blagues, sa déclaration d’amour à Rome et à ses cinéastes sont de beaux moments.

Grâce à lui, il y a une alternance entre le quotidien morose de Margherita, et la chaleur de ce personnage fantasque (mais lui aussi frappé d’un drame intime : il oublie tout !)

Tout sur sa mère

Le cœur du film – à savoir le rapport entre la réalisatrice et sa maman qui va mourir – est décrit de façon subtile. On est cueillis par l’émotion lors de la fin du film et du décès de la mère…  Deux scènes nous ramenant à nos propres deuils. Moretti, là, est d’une grande sincérité et nous touche.

Cependant, dans l’ensemble, le film m’a ennuyée. J’ai trouvé certains moments superflus, notamment la queue au cinéma ou encore les passages de rêve Même si psychologiquement parlant, ces cauchemars de Marguerita sont tout à fait plausibles. D’ailleurs tout le film est très fin psychologiquement parlant, point de gros sabots ici.

Cependant je suis restée un peu en dehors du film. Il n’y a que très peu de scènes marquantes,  et je pense qu’aucune d’entre elles ne me restera longtemps en mémoire. Hélas. En outre, j’ai trouvé que « Mia Madre » souffrait des problèmes de rythme.

Une interprétation sans fausse note.

En revanche, les acteurs sont tous très bons. La révélation du film, c’est Margherita Buy. Un très bon rôle de femme. Elle peut se montrer à la fois fragile, autoritaire, égoïste…  Imparfaite mais touchante.

Nanni Moretti, habitué à se mettre en avant dans ses films, s’est confié un rôle intéressant :  celui du frère qui semble « parfait », totalement dévoué à sa famille, quitte à se mettre en danger, notamment professionnellement. Un rôle discret, mais profond.

John Turturro cabotine  (en deux langues) avec une belle énergie et une grande générosité de jeu.Comme dit plus haut, il apporte beaucoup au film.

Les autres acteurs sont tous bons, y compris la « madre » (Giulia Lazzarini) et la jeune fille adolescente de Margherita.

 Au final, « Mia Madre » est une petite déception même si le film possède d’indéniables qualités comme une grande subtilité et une  interprétation solide.
 « Mia Madre », présenté en compétition officielle à Cannes,  a reçu le prix du jury œcuménique 2015 à Cannes.
 MIA MADRE
Date de sortie 2 décembre 2015 (1h47min)
Réalisé par Nanni Moretti
Avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini

 

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