[Critique] La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino / Cannes 2013

Les films de Paolo Sorrentino sont régulièrement présentés au Festival de Cannes. La Grande Bellezza  (La Grande Beauté en VF) ne fait pas exception : le film était en Compétition au Festival de Cannes 2013. Il a récolté des réactions très mitigées. Effectivement, La Grande Bellezza ne peut pas plaire à tout le monde… Découvrez dans quel camp je me situe.

La_grande_bellezza_poster_film_sorrentino cannes.

 

CRITIQUE

Un scénario impossible à résumer.

Difficile de parler de l’histoire sans faire une liste de séquences à la Prévert ! (Je vous laisse lire le synopsis en bas de cet article.)
Vous verrez notamment dans le film : une naine, une enfant peinturlurée, un striptease, le Colisée, une sainte édentée, une artiste totalement fêlée, un dandy écrivain déprimé, une faune de fétards, des aristos à louer, une girafe et des flamands roses.

Les détracteurs du film sont nombreux, et lui reproche d’être ennuyeux et/ou difficile à comprendre.
Oui, on ne comprend pas tout ce qui se passe dans La Grande Bellezza, d’autant plus que certains personnages ne font que passer… Oui, on ne comprend pas tout de suite les messages du film – j’ai vu certaines correspondances après coup.
Le scénario tourne autour de la crise de la soixantaine de Jep, l’écrivain sans inspiration, chroniqueur mondain qui se rend compte du vide de son existence. Et oui, certains plans sont longs, contemplatifs, alors que d’autres (ceux de la méga-fête d’anniversaire) donnent le tournis !  Mais le réalisateur réussit à véhiculer une atmosphère, et moi, cela m’a parlé. Et pourtant je ne suis pas un homme italien de 65 ans !  Sorrentino alterne des plans très différents et filme Rome sous les angles, et  il nous montre  mille et une choses…
Une chose qui devrait mettre tout  le monde d’accord : la mise en scène vaut le détour, ainsi que la photographie. Bref, La Grande Bellezza est de toute beauté.

Un grand acteur au centre.

Parfois un réalisateur trouve son acteur (ou actrice) fétiche, son totem… Federico Fellini avait Marcello Mastroianni,Paolo Sorrentino a Toni Servillo.

Après Le Consequenze dell’amore (2004) et Il Divo (2008) c’est le troisième film du couple Servillo/Sorrentino.  Que dire à part que l’acteur italien, un double plus âgé du réalisateur est excellent ? Toni Servillo est tour à tour émouvant, énervant, piquant, pétillant ;  mais aussi troublé, fatigué, déprimé… Somme toute, il est terriblement humain.  Ce rôle de Jep Gambardella va comme un gant à l’élégant Servillo. Peut-être sera-t-il récompensé un jour dans un festival ? En tout cas, il ne l’a pas été à Cannes. D’ailleurs le film est reparti bredouille !

En conclusion

 grande bellezza

On aura beau voir dans La Grande Bellezza des références et hommages aux grands réalisateurs italiens comme Fellini, Visconti ou même Antonioni, ce film est unique. La Grande Bellezza est un film de contrastes, de part ses thèmes ou sa mise en scène. D’un point de vue purement visuel,  Sorrentino fait du beau cinéma. Un cinéma extravagant, original, exubérant qui oscille entre modernité et classicisme.

Finalement, La Grande Bellezza du titre, qu’est-ce que c’est pour Jep et pour Sorrentino ?  Cela peut être l’amour, le sexe, l’art, le souvenir, les racines… mais c’est surtout la vi(ll)e de Rome… J’espère que vous apprécierez cette balade romaine et existentielle autant que moi.

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis 

Rome dans la splendeur de l’été. Les touristes se pressent sur le Janicule : un Japonais s’effondre foudroyé par tant de beauté. Jep Gambardella – un bel homme au charme irrésistible malgré les premiers signes de la vieillesse – jouit des mondanités de la ville. Il est de toutes les soirées et de toutes les fêtes, son esprit fait merveille et sa compagnie recherchée. Journaliste à succès, séducteur impénitent, il a écrit dans sa jeunesse un roman qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain frustré : il cache son désarroi derrière une attitude cynique et désabusée qui l’amène à poser sur le monde un regard d’une amère lucidité. Sur la terrasse de son appartement romain qui domine le Colisée, il donne des fêtes où se met à nu “l’appareil humain” – c’est le titre de son roman – et se joue la comédie du néant. Revenu de tout, Jep rêve parfois de se remettre à écrire, traversé par les souvenirs d’un amour de jeunesse auquel il se raccroche, mais y parviendra-t-il ? Surmontera-t-il son profond dégoût de lui-même et des autres dans une ville dont l’aveuglante beauté a quelque chose de paralysant ?…

Fiche film La Grande Bellezza – film 2013 – AlloCiné.

Date de sortie : 22 mai 2013 (2h 22min)

Réalisé par Paolo Sorrentino

Avec Toni Servillo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli

Enhanced by Zemanta

3 commentaires sur “[Critique] La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino / Cannes 2013

  1. Et la recherche de la spiritualité de Jep Gambardella? Et l’épisode de la “sainte”? Personne n’en parle et pourtant…
    C’est cela aussi qui fait la beauté du film!

    1. Merci pour ce commentaire; et oui, Rita, en effet c’est important ! Mais on ne peut pas tout dire, tout analyser, dans ce film ! Il faut laisser une part de mystère et de découverte… D’ailleurs, je crois qu’il est difficile d’analyser et d’expliquer précisément “la Grande Bellezza”, je pense aussi que c’est certainement voulu par le réalisateur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *