
A l ‘occasion de la reprise en salles le 27 février 2013 (en version intégrale et restaurée inédite) du film mythique « La porte du Paradis », Florian a assisté à une projection en avant-première et à une rencontre avec Isabelle Huppert et Michael Cimino. Il nous livre son avis sur cette fresque historique s’inspirant de la bataille de Johnson County.
Synopsis :
En 1870, une nouvelle promotion de Harvard célèbre avec faste et panache la promesse d’un avenir radieux. Vingt ans plus tard dans le Wyoming, les chemins de deux de ses meneurs se croisent à nouveau. Désormais shérif du comté de Johnson, James Averill voit son autorité contestée par l’association des éleveurs de bétail, dont fait partie son ancien ami Billy, devenu un homme cynique et lâche. L’association stigmatise les immigrants européens venus en nombre s’installer sur ces terres vierges. Appuyés en secret par le gouvernement fédéral, les éleveurs ont établi une liste noire d’immigrants à abattre pour l’exemple. Esseulé, le shérif Averill se dresse contre ce massacre programmé, mettant en danger sa propre vie ainsi que celle de la femme qu’il aime, une prostituée étrangère nommée Ella…
Un “chef d’oeuvre maudit” enfin présenté dans sa version définitive
Plus gros flop de l’histoire du cinéma américain lors de sa sortie en 1981 et responsable de la faillite de la United Artists, il aura fallu attendre trente-deux ans pour que “La porte du Paradis” voie enfin le jour dans une version définitive de 216 minutes, restaurée et remasterisée. Réalisé deux ans après “Voyage au bout de l’enfer”, le film de Cimino s’avère être un véritable anti-western, dépeignant une Amérique atroce et barbare. S’inspirant de la bataille de Johnson County, rarement le mythe de l’Ouest n’aura autant souffert que dans ce film. Doté d’une mise en scène grandiloquente et d’une esthétique ambitieuse, force est d’avouer que le film de Cimino avait, sur le papier, tout pour m’enthousiasmer. A tel point que je n’avais jamais osé regarder ma copie de la version tronquée du film sortie à l’époque.

Alors, après des années de documentation et 3:39 de pellicule en compagnie du réalisateur, que reste-t-il de ce film légendaire ? A ma grande déception, bien peu de choses. Quelques très belles images car il serait malhonnête de nier les réelles qualités formelles du film de Cimino. Les séquences du bal de promotion de Yale, la fête organisée par les immigrants ou encore la bataille finale sont particulièrement réussies et n’ont rien à envier aux autres grandes fresques historiques du cinéma américain.

Les acteurs ne sont pas en reste : Isabelle Huppert est probablement la plus convaincante dans son rôle de prostituée indépendante, folâtre et désinvolte. La prestation de John Hurt ne laisse pas non plus indifférent ; étudiant suscitant l’admiration de ses pairs au début du film, ce dernier sera vite dépassé par la violence de sa classe jusqu’à en devenir pathétique. Son personnage est d’ailleurs à l’image du film : empreint de désillusion. Comme le spectateur.
“Rarement montagne d’argent aura ...
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