1900 (Novecento) de Bernardo BERTOLUCCI (1976)

21 novembre 2018. Retenez bien cette date :  c’est la sortie en version intégrale restaurée 4 K de « 1900 » (Novecento) de Bernardo BERTOLUCCI dans un beau coffret Edition prestige chez Wild Side.
L’édition collector en quelques chiffres : 1900. 11 mois de tournage. 5h18. 3 Blu-ray. 3 DVD. 1 Livret-album de 160 pages. 4h de compléments !

 

 Synopsis

Au cours de l’été 1901, deux enfants voient le jour dans un village d’Émilie : le premier, Olmo Dalco, appartient au monde des métayers, l’autre, Alfredo Berlinghieri, est le petit-fils d’un riche propriétaire. Ils vivront ensemble les tourments politiques et historiques de l’Italie de la première moitié du XXe siècle.

(via Wild Side)

 

Avis sur 1900 (Novecento) … Il était une fois la Révolution en Italie…

Une petite remarque pour commencer, l’histoire ne part pas vraiment du « novecento » puisque le début se passe en 1901.

Cette fresque historique de 5 heures ne laissera personne indifférent, que ce soit par son ampleur ou par ses thèmes, ou encore par ses scènes de sexe ou de violence malaisantes. Le film est été interdit aux moins de 16 ans.

Bertolucci semble vouloir prendre son temps avec cette intrigue d’amitié menacée par l’Histoire. Rappelons que le réalisateur se fiche du politiquement correct et des bienséances. Et qu’il est allé parfois au-delà des limites autorisées par la loi et la morale  avec l’agression sexuelle (réelle) de Maria Schneider par Marlon Brando filmée dans « Le Dernier Tango à Paris ».
Parmi les marottes de Bertolucci, on retrouve donc la violence, le sexe, mais aussi les révolutions, les utopies.  Tous ces thèmes sont abordés dans 1900, parfois très crûment.
Parmi les scènes choquantes  du film : un fasciste qui se fait lyncher (mais qui ne meurt pas),  une scène très crue de triolisme suivie d’une crise d’épilepsie, deux actes de pédophilie plus ou moins suggérés – dont l’un est suivi du meurtre de la petite victime, avec gros plan sur son crâne défoncé !, une scène de torture sur un petit chat  et j’en passe.

Le film est manichéiste. Les paysans et les communistes sont plus sympathiques que les patrons ! On ne peut que prendre leur partie devant tant d’injustices et d’oppression. Mais le pire, c’est Attila, membre des Chemises noires . Donald Sutherland campe un personnage immonde, fasciste, tueur sadique… Sa compagne jouée par Laura Betti dans le film n’est guère mieux.

Le film est porté parle duo De Niro / Depardieu. Depardieu campe un Olmo parfait, il est bourru, un peu mal dégrossi au départ, mais devient un symbole et un leader pour la communauté paysanne et communiste.

Robert De Niro hérite peut-être du rôle le plus nuancé. Dans le rôle d’Alfredo il est excellent. Et puis il y a les autres acteurs : Burt Lancaster – sa composition de vieux propriétaire terrien fait un peu penser à son rôle dans Le Guépard, sauf que le grand-père Berlinghieri est moins digne que le prince Salina et que le film ne se passe pas à la même époque.Citons aussi Sterling Hayden qui joue le grand père d’Olmo, Leo Dalco.

Côté interprétation féminine.Il y a Dominique Sanda. Au début son personnage exaspérant, mais on peut comprendre certaines de ses réactions, surtout vers la fin. Un rôle difficile pour l’actrice.
D’autres actrices livrent de belles performances : Stefania Sandrelli qui joue la fiancée d’Olmo, l’institutrice socialiste Anita, l’un des rares personnages foncièrement sympathique, Alida Valli alias la veuve Piopi…

Au niveau formel, tout est réussi : la mise en scène, la reconstitution, les costumes, coiffures et maquillages ( il fallait que les acteurs soient rajeunis puis vieillis).

La construction du récit est atypique. Le film durant 5 heures, il est découpé en deux parties.

Le début commence en 1945 puis repart en 1901. Il faudra attendre d’avoir vu les trois quarts du film pour repartir en 1945. 4 chapitres suivant les 4 saisons composent la structure de l’histoire… on remarquera aussi qu’il y a beaucoup d’ellipses.
La photographie de Vittorio Storaro met les paysages et décors en valeur.
Enfin il y a la musique en partie composée par le maestro Ennio Morricone… Très prenante. A noter que les grands méchants ont un musique dramatique et sinistre qui accompagne souvent leurs actes abjects. Sinon, on entend l’Internationale, des chants et danses traditionnelles…

 1900 ce n’est pas un film aimable mais très marquant. Il est intéressant pour sa prise de position politique. J’aurais néanmoins pour ma part aimé ne pas voir certaines scènes trop violentes.Il aurait gagné à être un peu raccourci peut-être, mais cette durée permet en même temps de bien faire prendre conscience de l’inexorabilité du temps qui passe et de l’importance de l’enfance…
Néanmoins je pense que c’est un film dont je me souviendrais longtemps, très longtemps. En conclusion,  1900 est une expérience de cinéma et une œuvre importante.

1900 (Novecento)  de Bernardo Bertolucci

Edition collector 3 Blu-ray+3 DVD+Livret de 160 pages.

Prix : 69,99 € TTC

Editeur : WILD SIDE

Novecento 1900 Bertolucci et De Niro Photo : D.R. via IMDB https://www.imdb.com/title/tt0074084/mediaviewer/rm1249648896

COMPLÉMENTS
* 1900 ou Le Siècle inachevé : entretien avec Bernardo Bertolucci autour de la genèse du film (39’ – inédit)

Bertolucci évoque, entre autres souvenirs,  rétrospectivement sa « mégalomanie » à l’époque du tournage, son envie d’être un cinéaste français, ses relations avec les acteurs du film, son adrmiration pour Jean Renoir…

Il confie aussi son impression d’être en décalage avec le cinéma italien des années 70, en particulier les comédies… D’où son ambition de se rapprocher du cinéma français.
Le réalisateur évoque également sa fierté d’avoir montré le plus grand drapeau rouge (symbole du communisme) dans  « 1900 », aux USA. Il nous parle aussi de sa vision du cinéma et analyse certains passages de son « 1900 », ainsi que ses sentiments durant le tournage. Enfin il aborde la notion du temps qui passe, dans la vie comme au cinéma, sur le fait qu’il aurait aimé filmer un troisième acte de 1900, qu’il aurait souhaité ne jamais arrêter de filmer, tant il était bien sur le tournage. « Je me sens plus à mon aise sur un tournage que dans le quotidien, la vie de tous les jours… »
Certaines phrases sont très percutantes, par exemple lorsqu’il dit « filmer les acteurs qui se rapprochent de la mort »… Ou que la version raccourcie (on lui a imposé de couper une heure) lui semble plus longue que la version intégrale. Ou encore Coppola et son « Apocalyse Now », assurant ( en substance) que  « c’était son 1900 à lui », »un film infini »,  » Heureusement, les films, quelques fois, peuvent être infinis…  »

* Le Cinéma selon Bertolucci : le making-of d’époque par Gianni Amelio (62’)

Entretien assez classique avec des témoignages des acteurs et une interview (plutôt informelle) du réalisateur.  Le dernier plan (Bertolucci, sur le tournage, remplace Sutherland  et se fait asperger de grains de blé) est très beau…

* Une image rêvée : histoire d’une restauration par Gian Luca Farinelli, de la Cinémathèque de Bologne (33’ – inédit)
* Dialogue en clair-obscur : conversation avec le directeur de la photographie Vittorio Storaro (52’ – inédit)
* Un Américain à Parme : interview de Robert De Niro (8’ – inédit)
* La Mort du chat : souvenirs de tournage par Donald Sutherland (19 – inédit’)
+ un livret (160 pages) présentant L’Enfant et les Grenouilles, un texte écrit par Giuseppina Sapio (spécialiste de l’œuvre de Bernardo Bertolucci), et un riche album-photo du film tiré d’archives rares.

Caractéristiques techniques Blu-ray (les 2 parties du film sont réparties sur 2 Blu-ray pour une qualité optimale de l’image et du son)  Version Intégrale / Master restauré – Format image : 1.85 – Résolution film : 1080 24p – Format son : Anglais DTS HD Master Audio Stereo 2.0, Français & Italien DTS HD Master Audio Mono – Sous-titres : Français – Durée : 5h18

Caractéristiques techniques DVD (les 2 parties du film sont réparties sur 2 DVD pour une qualité optimale de l’image et du son). Version Intégrale / Master restauré – Format image : 1.85, 16/9e comp 4/3 – Format son : Anglais Dolby Digital Stereo 2.0, Français & Italien Dolby Digital Mono – Sous-titres : Français – Durée : 5h06

 

 

 

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