Coffret Ultra Collector #11 LA DAME DE SHANGHAI (The Lady from Shanghai)d’Orson Welles (1948)

Le Coffret Ultra Collector #11 *de Carlotta consacré à LA DAME DE SHANGHAI est disponible depuis aujourd’hui ! Ce film noir de et avec Orson Welles fête cette année ses 70 ans. Cela vaut bien un petit article sur ce blog.

 

 Synopsis

À Central Park, un marin nommé Michael O’Hara vole au secours d’une mystérieuse jeune femme. Il s’agit d’Elsa Bannister, l’épouse d’un riche et célèbre avocat. Pour le remercier, celle-ci lui propose de les accompagner pour une croisière dans les Caraïbes. D’abord réticent, Michael finit par accepter. Son attirance pour Elsa ne va cesser de croître, sous les yeux du mari et de son sinistre associé George Grisby. Aveuglé par son amour, le marin va bientôt se retrouver entraîné dans une histoire de fraude et de meurtre…

(via Carlotta)

Chronique  sur La Dame de Shanghai

Orson Welles a porté à l’écran Williams Shakespeare (« MacBeth », « Othello »),  et participé à l’adaptation au cinéma de « Jane Eyre » de Charlotte Brontë . Mais saviez-vous qu’il a réalisé  une autre adaptation de roman  avec la Dame de Shanghai ?  Orson Welles n’aurait même pas lu le roman  « If I Die before I Wake » de  Sherwood King quand il a décidé de l’adapter…

« La Dame de Shanghai » du titre, c’est Rita Hayworth, dont on aurait célébré le centenaire en octobre 2018… au départ, Welles ne pensait pas à son ex-femme, c’est elle qui souhaitait participer. Orson Welles en profita pour casser l’image de Rita, avec son accord, en lui faisant couper ses longs cheveux roux pour une coupe courte blonde. Cette révolution capillaire était en fait un pied de nez aux studios…

La Dame de Shanghai est un film maudit, ou du moins un film malade : il y eut des techniciens décédés, toute l’équipe tomba malade ; Rita Hayworth a même été arrêtée un mois.
Le rythme est étrange :  le montage amputa le film de plus d’une heure… Welles, peu après, décida de déserter Hollywood.

On pourra reprocher quelques incohérences  au scénario co-écrit par Welles.
Ce qui arrive au détective privé paraît par exemple un peu gros – ou alors je n’ai pas tout compris !
De même, le revirement du héros, Mike O’Hara  alias Black Irish (Orson Welles) qui se méfie au départ, mais reste très naïf et tombe dans le panneau en dépit de ses réticences semble un peu rapide…
George Grisby (Glenn Anders) l’avocat associé de Bannister (Everett Sloane) demande quand même à  Mike de le tuer « sans risque » contre une grosse somme d’argent… avec l’argument juridiquement spécieux qu’on ne peut pas être poursuivi en Californie tant que le corps n’est pas retrouvé par la police ! Mike est un loup de mer, ancien combattant de la Guerre d’Espagne, il a déjà tué un homme, il connaît donc les conséquences d’un tel acte à tous les niveaux ! De plus, il n’est pas attiré par l’argent alors pourquoi un tel acte ?
Vous me direz : 1/il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. 2/ son attraction pour Elsa, son envie de fuir avec elle (et de subvenir à ses besoins matériels en plus de la « sauver »), est plus forte que sa prudence ou son intuition… Ce n’est donc pas le meilleur rôle de Welles.
En revanche, même si le public, la production et le studios furent déstabilisé, Elsa est une femme fatale intéressante psychologiquement parlant, une manipulatrice hors pair… Un grand rôle pour Rita Hayworth, l’un des plus beaux avec Gilda.

Même s’il n’est pas exempt de défauts, La Dame de Shanghai est un film marquant, ne serait-ce que pour voir une star comme Rita Hayworth sortir de sa zone de confort… De plus, la niveau de la mise en scène, La Dame de Shanghai regorge de séquences remarquables.  Citons le passage à Acapulco, le théâtre chinois, la rencontre entre Elsa et Michael à l’aquarium,  le procès, le palais de la folie, la fusillade dans une salle de miroirs (à mon avis la plus belle et la plus forte visuellement parlant, magnifique de symbolisme),  le soliloque de fin de Mike/Orson Welles… La restauration 4k sublime ces morceaux de bravoure visuels.
Les bonus (décrits ci-dessous) du Blu-ray sont une source de réflexion sur le travail de Welles, le contexte et la génèse du film.
Ces entretiens avec  Peter Bogdanovich, Henry Jaglom, cinéastes et amis de Welles, et avec Simon Callow,  acteur et  écrivain biographe d’Orson Welles, permettent  aussi une analyse plus poussée de La Dame de Shanghai. Enfin, on a l’impression d’en savoir plus sur la personnalité de Welles et on apprend quelques anecdotes savoureuses sur cet cinéaste -acteur surdoué.

Coffret Ultra Collector #11
Sortie le 14 novembre 2018 (50.16€)

ÉDITION UNIQUE LIMITÉE ET NUMÉROTÉE CARLOTTA FILMS

CONTIENT

LE FILM (NOUVELLE RESTAURATION 4K)

Film de 1948, noir et blanc, 88 minutes

> SUPPLÉMENTS

. « LA DAME DE SHANGHAI » : CONVERSATION AVEC PETER BOGDANOVICH (21 mn)
Dans cet entretien mené par Laurent Bouzereau, Peter Bogdanovich, cinéaste et ami d’Orson Welles, revient sur l’incroyable évolution de La Dame de Shanghai, passant du statut de film mineur à celui de film culte aux multiples morceaux de bravoure.

. SIMON CALLOW À PROPOS DE « LA DAME DE SHANGHAI » (21 mn)
Simon Callow, auteur d’une biographie en plusieurs volumes sur Orson Welles, livre sa propre analyse de La Dame de Shanghai, et revient sur l’incroyable talent du cinéaste mais aussi sur l’intransigeance de son caractère, qui le mettra bientôt au ban d’Hollywood.

. HENRY JAGLOM EN TÊTE À TÊTE AVEC ORSON WELLES (24 mn)
Le réalisateur Henry Jaglom (Un coin tranquille) se souvient de sa première rencontre avec Orson Welles, qu’il engagea comme acteur sur son premier film et avec lequel il noua jusqu’au bout une relation de complicité et d’amitié.

. BANDE-ANNONCE

> UN LIVRE INÉDIT DE 160 PAGES (INCLUS 50 PHOTOS D’ARCHIVES)
« MIROIRS D’UN FILM : LA DAME DE SHANGHAI D’ORSON WELLES »

« Miroirs d’un film » décortique par le menu cette œuvre aux pistes de lecture infinies qu’est « La Dame de Shanghai ». Doté d’une revue de presse française et américaine, et d’un témoignage passionnant du producteur et réalisateur William Castle, cet ouvrage propose également une analyse inédite de Frank Lafond ainsi que trois entretiens exclusifs (avec Dominique Antoine, Darius Khondji et Nicolas Saada).
Une plongée captivante dans les coulisses d’un chef-d’œuvre, agrémentée de 50 photos d’archives !

UN VISUEL EXCLUSIF CRÉÉ JONATHAN BURTON

 

 

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