[Avis express] 14 Pommes est un documentaire de Midi Z

Présenté en avant-première à la Berlinale de 2018 section « Forum », 14 Pommes est un
documentaire de Midi Z sur la Birmanie d’aujourd’hui et « le pouvoir du
bouddhisme sur la population ».

 

 

Synopsis

Shin-hong est un jeune entrepreneur birman qui souffre d’insomnie. Un jour, sa mère se rend chez un diseur de bonne aventure afin de l’aider à surmonter ses problèmes. Celui-ci conseille au jeune homme d’acheter quatorze pommes puis de se rendre dans un monastère situé dans le centre du pays, en pleine campagne. Shin-hong devra ensuite vivre comme un
moine pendant quatorze jours et manger une pomme par jour…

Avis express 

Ce documentaire nous fait vivre par procuration l’existence des Birmans.  C’est aussi une immersion au cœur du bouddhisme. La Birmanie est un monde à part, aux antipodes de nos villes occidentales. C’est donc une expérience rare de pouvoir voir de  telles images.
On ressent le fossé qui existe entre les riches et les pauvres. Beaucoup de jeunes hommes deviennent moines pour échapper à une vie de dur labeur et de pauvreté ( le réalisateur Midi Z a d’ailleurs été dans cette situation. Les amateurs de documentaires et de world cinéma apprécieront.
Le point faible du film est à mon avis formel :  beaucoup de plans – séquences et de scènes prises sur le vif, qui s’étirent à l’infini ou presque. Ce rythme lancinant et la qualité de l’image par moments ne nuisent pas à la force et à l’importance du témoignage de Midi Z, et il n’a pas dû être simple de tourner en Birmanie (litote),  mais cela reste néanmoins un peu dommage.

Présentation par le distributeur

Réalisateur d’origine birmane naturalisé taïwanais, Midi Z (Adieu Mandalay, Ice Poison)
avait déjà tenté de témoigner des conditions de vie des Birmans vivant au bas de l’échelle
sociale, sans succès. La « thérapie » qu’allait entreprendre son ami Shin-hong était donc
l’occasion parfaite de retourner dans le milieu ultra-précaire dans lequel le cinéaste avait
grandi, où la religion avait une grande influence.
Enfant à la santé fragile, Midi Z avait lui aussi été moine durant une courte période, suivant
les conseils d’un diseur de bonne aventure. C’est là qu’il a vu des pommes pour la première
fois, ce fruit restant trop cher pour les couches inférieures de la population birmane,
aujourd’hui encore. Car devenir moine est un moyen rapide de s’extraire de la pauvreté mais
aussi de servir de mentor, faisant bénéficier aux habitants de sa sagesse et de ses conseils.
Avec un tel pouvoir et un tel contrôle sur la population, les moines sont les piliers de la
société birmane.
À travers ce film, Midi Z pointe du doigt les limites du bouddhisme qui ne prévient pas les
maux de la société et montre le grand écart existant entre les idéaux et la réalité – voir cette
scène où les moines se plaignent du peu d’aumônes qu’ils reçoivent et où l’un avoue qu’il
dépense l’argent reçu au loto. Mais le cinéaste ne s’érige pas en juge, il observe en silence car,
pour lui, c’est l’observation qui amène à la compréhension. En témoignent les multiples
plans-séquences qui composent le film : la voiture de Shin-hong que les enfants tentent
d’extraire de la boue, la cérémonie d’intronisation du jeune moine, les femmes ramenant l’eau
du puits… Midi Z est le témoin silencieux de ce village et de ses coutumes qui laissent
entrevoir de fortes disparités. Bien que la plupart des Birmans vivent dans la pauvreté, ils
n’hésitent pas à donner aux moines leurs biens les plus chers car, selon leur croyance, cela
permet d’augmenter leur karma et, à terme, de transformer leur vie.

 

 

14 POMMES
Shisi ke ping guo

UN FILM DE MIDI Z

SCÉNARIO  : MIDI Z ET WU PEI-CHI

Distribué par Carlotta films

(2018, Taïwan/Birmanie, 84 mn, Couleurs, 1.85:1, VISA : 148 582, VOSTF)

 

 

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