[Avis] MARIE MADELEINE de Garth Davis

Filmer la Bible et la foi, encore une fois… C’est au tour de Garth Davis, réalisateur de Lion , de mettre en images le récit des Evangiles… Le cinéaste succède ainsi à Scorsese, Gibson et même Darren Aronofsky (Noé), pour ne citer qu’eux et il précède le film consacré à Paul : Paul, Apôtre du Christ, avec Jim Caviezel en Luc l’évangéliste. Rappelons que l’acteur américain jouait Jésus dans le film de Mel Gibson…. En 2005,  Abel Ferrara avait réalisé un biopic « Mary » sur Marie Madeleine, avec Juliette Binoche, Forest Whitaker. Le biopic biblique est donc tendance…Voici mon avis sur « Marie Madeleine ».

 

Présentation du film – Synopsis officiel (Universal)

« MARIE MADELEINE » est un portrait authentique et humaniste de l’un des personnages religieux les plus énigmatiques et incompris de l’histoire. Ce biopic biblique raconte l’histoire de Marie (Rooney Mara), une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth (Joaquin Phoenix). Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem. Ecrit par Helen Edmundson et Philippa Goslett, on retrouve également au casting Chiwetel Ejiofor et Tahar Rahim.

 

Avis: Marie -Madeleine  – Parole d’évangile  et parole de femme

 


Comme le titre l’indique, Garth Davis filme du point de vue de Marie Madeleine et se concentre sur l’apôtre (le Vatican reconnaît Marie Madeleine depuis peu).

Qui était Marie Madeleine ? Quelles étaient ses relations avec sa famille, Jésus de Nazareth et les autres apôtres…  Le film est finalement une véritable réhabilitation de Marie Madeleine que l’on a dépeint comme une prostituée amoureuse de Jésus Christ. Ici, et cela rejoint de nombreux textes religieux, Marie Madeleine est décrite comme une jeune femme qui refuse de  se soumettre aux lois masculines. Elle est présentée comme une figure pleine de miséricorde, avec un don pour apaiser les souffrances.
Marie Madeleine refuse un mariage arrangé par son père et son frère puis décide de suivre JC, ce qui l’exclura de sa communauté… Étant une femme, elle devra subir la misogynie des compagnons de Jésus ou plutôt les craintes de Pierre que Marie Madeleine ne leur apporte que des ennuis et de la division, ainsi que leur jalousie. Dans le film en effet Marie est la première à voir Jésus ressuscite et à vouloir répandre sa Parole.

Autre interprétation (théorie) intéressante : Judas ( Tahar Rahim) est présenté non pas comme un être faible et cupide, mais comme un révolutionnaire exalté et endeuillé, impatient de voir Jésus prendre le pouvoir. Sa trahison prend donc une autre signification dans le film de Davis. Parmi les disciples de Jésus, la part belle est faite à Judas et à Pierre, les autres sont plus en retrait.
Rooney Mara qui décidément aime jouer les caméléons incarne avec grâce cette Marie Madeleine féministe avant l’heure. Cette actrice est émouvante et son visage de madone sied bien au rôle. Pour lui donner la réplique, le casting est plus que solide : Jésus, c’est Joaquin Phoenix. Choix surprenant. Jésus est présenté comme un être humain, sensible ,empathique, fatigué… Un homme plutôt ordinaire qui ne semble pas être illuminé…  Son rapport avec Marie Madeleine est un rapport d’estime mutuelle, il la choisit pour être son témoin et pour le seconder.
Je n’ai pas grand chose à redire sur l’interprétation, à part noter la présence de beaucoup d’acteurs francophones pour un film en anglais : Ariane Labed, Denis Ménochet,  Lubna Azabal, Tchéky Karyo, Jules Sitruk

Le jeu des acteurs est sans couacs, et il se donnent tous à leur personnages, même si certains sont peu développés.

Côté forme, de belles images (notamment sous l’eau) sont au rendez-vous. La bande originale, inspirée, enveloppe le récit… Elle est signée par Jóhann Jóhannsson (récemment décédé, c’est sa dernière œuvre) et  Hildur Ingveldardóttir Guðnadóttir.

Même si le film souffre de quelques longueurs et de maladresses (la scène de la résurrection, certains dialogues), et ne plaira pas à tout le monde,  il évite un prêchi-prêcha douteux, et offre un point de vue différent sur Marie Madeleine. Garth Davis fait de Marie Madeleine une femme étonnamment moderne, en prise avec des questionnements très contemporains.

MARIE MADELEINE

Le 28 Mars 2018 au cinéma
Distribution: Rooney Mara, Joaquin Phoenix, Chiwetel Ejiofor, Tahar Rahim…
Réalisé par: Garth Davis
Scénario de: Helen Edmundson et Philippa Goslett
Durée : 130 min

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *