[Avis] The Rider de Chloé Zhao- Grand Prix du Festival de Deauville US

The Rider de Chloé Zhao, au cinéma le 28 mars, a obtenu le Grand Prix au Festival du film américain de Deauville en 2017 et le prix cannois « Art Cinema Award » à la Quinzaine des réalisateurs la même année. Avis.

 

Synopsis : 
 Le jeune cow-boy Brady , étoile montante du rodéo, apprend qu’après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu’il ne peut plus s’adonner à l’équitation et à la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d’une nouvelle identité et tente de définir ce qu’implique être un homme au cœur de l’Amérique. 
Avis : 
Après « Les chansons que mes frères m’ont apprises« , Chloé Zhao, jeune cinéaste américaine d’origine chinoise, continue à nous dépayser et à nous surprendre avec « The Rider ».
D’abord, la forme est originale : mi- fiction , mi-documentaire, ce long métrage nous fait pénétrer dans l’intimité d’une vraie famille dont le nom est modifié : de Jandreau , il devient Blackburn.
Dans cette famille, on ressent la cruauté de l’absence de la mère, décédée quelques années plus tôt.
La jeune fille de la maisonnée s’appelle Lilly et est atteinte d’autisme .Très attachante , elle est une des rares figures féminines de ce film. Elle apporte de la douceur et de l’affection à son frère , Brady , le héros du film. Et puis, il y a le père Tim, dans le rôle de Wayne, qui mène sa vie souvent en dehors du foyer. Un père peu chaleureux, qui a élevé son fils dans la dureté afin qu’il devienne un homme, un vrai.

 Et surtout, il ne faut pas oublier la présence des chevaux qui tiennent une place prépondérante dans cet univers de cow-boys. Brady est un dresseur hors pair de chevaux. Et quelques scènes impressionnantes nous prouvent son habileté à maîtriser des étalons sauvages.

La réalisatrice filme en plans rapprochés le visage de Brady durant tout le film. Et cette proximité du visage constitue un contraste important avec l’immensité des paysages.

 Nous sommes dans les Badlands, dans le Dakota du sud. Brady paraît minuscule dans ces plaines gigantesques du Grand Ouest américain.

 A travers ces belles images, on sent l’attachement de la réalisatrice pour cette réserve de Pine Ridge où elle a vécu durant quatre ans …
 Il n’y a pas de » chiqué « dans cette réalisation.Tout semble authentique.
Les difficultés de la communauté amérindienne, à laquelle appartient la famille Blackburn, ne sont pas dissimulées ou enjolivées. L’alcool, la drogue mais aussi la rareté des débouchés professionnels minent l’existence de ces habitants de la réserve.
La vie est rude, les distractions rares et peu variées. Le rodéo est roi.
Brady blessé ne peut plus pratiquer ce sport où il excellait et c’est vraiment un drame pour lui, car il ne veut et ne peut pas partir car il doit s’occuper de sa sœur.
Les moments où Brady réalise que son rêve est brisé sont très touchants, d’autant plus que le jeune homme est pudique et ne se plaint pas.
De même, les scènes partagées avec son ami devenu tétraplégique suite à un accident de rodéo, sont bouleversantes.
Il y a donc beaucoup d’émotions dans ce long métrage à la fois lyrique et tragique.
Certains trouveront peut- être le temps un peu long dans cette histoire marquée par les silences.
 The Rider est poignant et puissant et galope longtemps dans nos mémoires.
Michèle

 

The Rider

écrit par  Chloé Zhao
Avec Cat Clifford, Brady Jandreau,Tim Jandreau, Lilly Jandreau, Lane Scott…
Date de sortie : 28 mars 2018
(1h 45min)
distribué par Les Films du Losange
Merci au Club 300 !

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