[Théâtre] LA FEMME ROMPUE de SIMONE DE BEAUVOIR avec Josiane Balasko

Avis sur le MONOLOGUE extrait LA FEMME ROMPUE au THÉÂTRE HEBERTOT.
Quand Josiane Balasko, seule sur scène, dirigée par Hélène Fillières, dit les mots de Simone de Beauvoir…

Présentation :

« Josiane Balasko défend le « personnage ». Elle le fait avec une intériorité, une profondeur qui traduisent son discernement, son empathie pour cette Murielle dont elle fait une haute figure tragique. »

La parole donnée à une femme qui, anéantie et déchirée, se venge par le monologue.
Elle laisse jaillir sa rage, la douleur des souvenirs et son lot de culpabilité qui remontent à la surface. Seule, un soir de réveillon, alors que tous les autres jouissent aveuglément de leur confort affectif et social, et que l’habitude de se taire n’est plus possible, elle peut enfin crier et s’opposer à cette violente idée du bonheur que nous impose le monde. Cette femme, c’est Josiane Balasko , » cette petite bonne femme, franche, intrépide, intègre  » comme dit Beauvoir.
Une actrice rugueuse qui ne minaude pas pour séduire ni pour attirer la compassion.
Une femme de caractère. Sans concession.
« Une femme vraie qui ne joue pas le jeu ».
Bouleversante , elle cache sa sensibilité. Comme si baisser sa garde pouvait la fragiliser.
Une partition sous forme d’autoportrait.

 

Avis :

Après «  Douze hommes en colère « , le théâtre Hébertot héberge pour trente représentations, une femme très, très en colère.

Dans cette pièce, vous dégusterez une Balasko, sauce tabasco : c’est pimenté, épicé mais avec une grosse pincée d’amertume.

Dame Balasko souffre, crie son désespoir, hurle son dégoût de l’humanité.

Elle s’appelle Murielle et fait penser à une « Tatie Danielle » puissance dix.
Elle se sent incomprise, se décrivant comme une femme « bien ».

Sous son langage sans fioritures, parfois ordurier, transpire une femme meurtrie, abandonnée, rongée par la culpabilité. Car cette femme a vécu un drame qui ne pourra jamais se cicatriser.

Mais si ce one-woman-show se distingue par son aspect dramatique, il n’est pas dépourvu d’humour, juste ce qu’il faut pour éviter une atmosphère trop pesante. Et on retrouve alors la gouaille de la célèbre actrice de comédies.

Le décor est minimaliste, composé seulement d’un divan. La comédienne parle souvent allongée sur ce divan.
Mais à elle toute seule, elle remplit la salle de sa voix tonitruante et de sa forte présence.
Il semble que ce rôle ait été écrit spécialement pour elle.

On peut être surpris de l’aspect  » trash  » du texte de Simone de Beauvoir.

Un spectacle qu’il faut voir pour la performance de l’actrice et pour le portrait d’une femme déçue par son existence.

Michèle

La Femme Rompue

D’après Monologue, extrait de La Femme Rompue de Simone de Beauvoir
30 représentations exceptionnelles à partir du 15/02/2018
D’après MONOLOGUE extrait de LA FEMME ROMPUE de SIMONE DE BEAUVOIR
Avec Josiane Balasko
Mise en scène Hélène Fillières
Lumières Éric Soyer
Costumes Laurence Struz
Scénographie Jérémy Streliski
Création musicale Mako
Assistante à la mise en scène Sandra Choquet

Du mardi au samedi à 19h – Durée : 1h10

Théâtre Hébertot  

78 bis bld des Batignolles

75017 Paris

 

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