[Avis] On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti

Le film de super-héros a la cote ! Les grands studios américains nous fournissent régulièrement une dose d’héroïsme sur grand écran. Des films codifiés, s’inspirant principalement de comics… Et voici l’OVNI “On l’appelle Jeeg Robot”, (Lo chiamavano Jeeg Robot) qui dynamite les codes de ce genre à part et a cartonné en festivals et en Italie… En France, le film sera distribué le 3 mai 2017 par Nour Films. Alors on dit bravo à “Jeeg Robot”?

 

Synopsis

Interdit aux moins de 12 ans

Poursuivi par la police dans les rues de Rome, Enzo plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles. Du moins jusqu’à ce qu’il rencontre Alessia, une jeune fille fragile et perturbée qu’il sauve des griffes de Fabio, dit « le Gitan » un mafieux psychopathe ultra violent qui travaille avec la Camorra. Témoin des pouvoirs d’Enzo, Alessia est persuadée qu’il est l’incarnation de Jeeg Robot, héros du manga japonais présent sur Terre pour sauver le monde. Mais Enzo va être forcé d’affronter « Le Gitan » qui veut savoir d’où vient cette force surhumaine. Parviendra t-il à sauver la ville de la folie meurtrière de Fabio et être le super héros qu’Alessia voit en lui ?

AVIS :  On l’appelle Jeeg Robot , un super héros à l’italienne…



On l’appelle Jeeg Robot ne laissera personne indifférent. C’est un étrange objet filmique… Jegg robot, c’est au départ une série de dessins animés japonais qui date visiblement des années 80, une sorte de Goldorak… Le réalisateur a voulu rendre hommage au manga de son enfance ( en VO : Kotetsu Jeeg).

Notre super-anti-héros s’appelle Enzo, il habite à Tor Bella Monaca , banlieue pauvre de Rome, et vit de petits larcins et de crèmes vanille. Ses rares interactions avec la gente féminine se résument à regarder des films porno en DVD. L’opposé de  Tony Stark ou Bruce Wayne

Enzo est égoïste, c’est un homme solitaire et taiseux, entre le Léon de Besson et le Mad Max de Miller. Lorsqu’il s’aperçoit qu’il a des pouvoirs, la première chose qu’il fait  d’ouvrir un Bancomat comme une boîte de conserve…

Première remarque, côté action, ça tient la route. Le réalisateur n’avait clairement pas le même budget que les studios américains, et pourtant le contrat est rempli, quasiment sans effets spéciaux.

Gabriele Mainetti a voulu ancrer le film dans la réalité de la société italienne :  inégalités sociales, crise économique et politique, terrorisme, toute puissance du capitalisme, omniprésence des réseaux sociaux et de la télé-réalité, chômage, omniprésence de la mafia et de la violence… Le film lorgne donc du côté du néoréalisme.

Les personnages  – certes un peu clichés- sont intéressants notamment Enzo et sa progression psychologique de “zéro” à “héros” de la société.  Claudio Santamaria est un acteur qui a vingt ans de carrière, on  a pu le voir notamment dans Romanzo criminale et Casino Royale. Mais c’est grâce à Jeeg robot qu’il devient lauréat du David du Meilleur Acteur ! L’acteur, en plus d’interpréter le générique de fin, s’est transformé physiquement en prenant beaucoup de poids (20 kg)  et pouvait parait-il soulever plus de 120 kg !

 

Il y a Alessia,  femme-enfant traumatisée par la mort de sa femme et des violences sexuelles, dont la foi en Enzo est particulièrement touchante. C’est un personnage émouvant qui provoque aussi de nombreuses situations comiques avec sa candeur et son côté décalé.
Lors de la rencontre organisée pour l’avant-première du film, le réalisateur a confié que son interprète , Ilenia  Pastorelli, n’était pas une actrice professionnelle. En tout cas, le réalisateur a su repérer son talent et Mademoiselle Pastorelli a été récompensée du David de la Meilleure Actrice.

Enfin, il y a Fabio, un méchant psychotique à la fois ridicule et terrifiant, en quête de gloire. Luca Marinelli (Mauvaise Graine,  La Grande Bellezza) s’en donne à cœur joie et a reçu pour ce rôle ( de composition, heureusement) le David di Donatello du Meilleur Acteur dans un second rôle.

La violence de certains passages contraste avec le second degré et quelques moments d’émotion… Ni nanar ni chef d’oeuvre absolu, ni parodie ni totalement sérieux,  Jeeg Robot est  inclassable. Un objet filmique non identifié qui détonne !

Bref, ce Jegg Robot est surprenant, original et décomplexé. Pas étonnant qu’il ait remporté 7 David di Donatello. Le film a aussi gagné le Prix de la critique au Festival du film italien de Villerupt et le Prix du Jury au Festival de Gérardmer. Pour un premier long -métrage, c’est un joli coup !  C’est bien sûr un film avec des défauts, qui ne plaira pas à tout le monde, mais on ne peut que tirer son chapeau au producteur- réalisateur et à l’équipe du film pour avoir osé monter ce projet sortant des sentiers battus.

 On l’appelle Jeeg Robot

De Gabriele Mainetti

avec Claudio Santamaria, Luca Marinelli, Ilenia Pastorelli

1 commentaire sur “[Avis] On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti

  1. ce Film n’est pas si bon, l’histoire qu’on retrouve dans ce film découle tout droit des film de fiction américaine. En tant que spectateur qui vis dans l’Amérique latine on n’ a besoin d’originalité

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