[Avis] Miss Peregrine et les Enfants particuliers de Tim Burton

La sortie d’un Tim Burton est toujours un événement. Il s’agit en plus d’une adaptation d’un best seller : on peut dire que ce « Miss Peregrine et les Enfants particuliers » était attendu au tournant ! Verdict.

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SYNOPSIS

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique :

la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers.

Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis.

Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

Monstres et merveilles.

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© Twentieth Century Fox

« Miss Peregrine » nous conte l’histoire d’enfants et d’adultes aux pouvoirs extraordinaires, personnes « différentes » étant pourchassées par les êtres « normaux » et par des méchants « particuliers » comme eux. L’originalité du roman de Ransom Riggs était que son auteur partait de vieilles photographies chinées ici et là pour inventer toute une histoire, histoire qu’il a développé en trois tomes. Un univers entre « Harry Potter » et « X-men », certes, mais le roman crée surtout un univers « burtonien » à souhait : on y parle de monstres, d’enfance et d’adolescence, de marginalité, de différences, de mutations, de récit, de mondes fantastiques, de dépression, de regard sur le monde  …

« Miss Peregrine et les Enfants particuliers » est un conte de fée teinté de tristesse et d’humour noir. Ainsi, Claire, une des pensionnaires d’Alma Peregrine est une jolie petite blonde. Mais ses anglaises cachent une gueule remplie de dents acérées ! C’est la Belle et la Bête en un seul personnage. Enoch, lui, peut ressusciter les morts et les contrôler, tel le savant fou de « L’Etrange Noël de Mr Jack » ou encore Victor dans « Frankenweenie ». On pense aussi aux enfants chimères du recueil de poèmes de Burton, comme l’enfant-huître… 

Big Eyes

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© Twentieth Century Fox

Le thème du regard et des yeux traverse l’oeuvre de Burton – et pas seulement dans « Big Eyes« . Dans « Miss Peregrine », ce thème est primordial et les acteurs principaux ont tous un regard perçant ou de grands yeux.
Asa Butterfield  joue Jake, le héros, adolescent plutôt loser qui voit les monstres et se découvre le pouvoir d’entrer dans une boucle temporelle  … L’acteur dégingandé aux immenses yeux bleus avait déjà le rôle principal dans « La Stratégie Ender » et dans « Hugo Cabret« . Jake a hérité cette faculté de son grand-père, Abe, rescapé de la Shoah, qui meurt devant les yeux de son petit-fils dans des circonstances plus que mystérieuses. Tout le monde pense qu’Abe a été traumatisé par la Seconde Guerre Mondiale et qu’il est atteint de sénilité.Ce dernier est interprété par Terence Stamp, acteur au regard bleu glacier pénétrant. Un papi que personne ne croit, à l’instar du personnage joué par Albert Finney dans « Big Fish« …  Le pendant féminin de ces personnages ayant des visions et se croyant un peu fous est Alice, seule humaine à pouvoir accéder au Pays des Merveilles.

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N’oublions pas le personnage titre, Miss Peregrine, sorte de Mary Poppins « effrayante  » selon son interprète Eva Green. Une actrice qualifie de drôle et mystérieuse par maître Burton… C’est leur seconde collaboration après « Dark Shadows » et on comprend que Burton ait eu envie de faire appel à nouveau à Miss Green. Ce qui frappe en effet chez Eva Green, ce sont ses yeux bleus, particulièrement expressifs, parfois possédés d’un grain de folie. Autant dire qu’elle est parfaite pour incarner cette direction d’école qui se transforme en oiseau et maîtrise le temps…  Une directrice qui tient à ses pupilles comme à la prunelle de ses yeux !

On peut aussi citer Ella Purnell (Emma l’amoureuse potentielle de Jake) qui possède deux grandes mirettes brunes. Cette actrice, devenue blonde pour le rôle, possède des similitudes physiques avec Alison Lohman (Sandra Bloom dans « Big Fish »), Mia Wasichowska ( Alice dans « Alice au pays des Merveilles ») et Christina Ricci (Katharina Van Tassel dans « Sleepy Hollow »).

Et puis il y a Horace, le jeune dandy qui peut voir le futur et le projeter via son œil devenu projecteur…

Les gens normaux, eux, comme le père ou la mère de Jake, notre héros, ne voient rien et ne veulent pas écouter leur fils. Et là, on pense à la longue rangée des « parents indignes » de Burton, comme le papa de Willy Wonka ou celui de Vincent Mallory.

Une adaptation infidèle, entre drame et humour

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© Twentieth Century Fox

Vous allez me dire que, dans toute adaptation,  il y a plusieurs détails qui changent en passant sur le grand écran. Certes. Mais celle-ci est particulièrement infidèle.

Certaines modifications se voyaient d’ailleurs déjà sur l’affiche, par exemple Emma qui a changé de pouvoir avec Olive.
Olive (Lauren McCrostie) qui de plus, a pris quelques années par rapport au roman et pourrait donc tomber amoureuse de Jake. Cela pourra énerver certains qu’Emma devienne une aérienne jeune fille au tempérament un peu adouci.

Ce qui est le plus surprenant,  c’est que Tim Burton , avec l’aide de sa scénariste Jane Goldman, change le ton de l’histoire – en accord avec Ransom Riggs, l’auteur du roman éponyme.

Ainsi j’ai (sou) ri car le film comporte de nombreux passages amusants. Alors que le roman n’est pas rigolo pour un sou, à part quelques remarques de Jake sur sa vie en Floride.

Sachez également que la fin n’est similaire à celle du livre de Ransom Riggs, elle est moins sombre.

Tim Burton a glissé de nombreux clins d’œil et  » Easter eggs »  pour le spectateur averti.  Il s’autorise même une furtive apparition à la Hitchcock.

J’ai aimé ces clins d’oeil… Il m’a semblé voir une allusion à « Mickey Mouse », à « Dumbo »,  à « la belle au bois dormant », mais aussi à « Titanic »et à « Un jour sans fin ». Burton semble s’auto-référencer en faisant allusions à des films burtoniens, par exemple « l’Étrange Noël de Monsieur Jack » ou « Frankenweenie« . Sans parler de l’art topiaire du cultissime « Edward aux mains d’argent » reproduit dans le jardin d’Alma Peregrine ou à certains membres transformés en arme blanche …
A noter que Burton a recours à la stop motion dans « Miss Peregrine », une technique qu’il utilisait encore récemment dans « Frankenweenie ».

On appréciera les notes d’humour venant des dialogues, surtout de Samuel L. Jackson (encore un acteur avec des grands yeux expressifs !) et Asa Butterfield. Notons un « bon appétit ! »- en français dans le texte- particulièrement savoureux.

Miss Peregrine's Home For Peculiar Children TM & © 2015 Twentieth Century Fox Film Corporation. All Rights Reserved. Not for sale or duplication.
© Twentieth Century Fox

Une oeuvre particulière -ment burtonienne !

Pour moi  « Miss Peregrine »,  c’est un film-somme qui ne décevra pas les fans de la première heure – tout en allant vers du pur divertissement. Avec ce film,  Tim Burton ne reste pas dans la nostalgie, coincé dans une boucle temporelle à répéter les mêmes films.
Cette histoire est plus légère et lumineuse que prévue.
Le réalisateur ne s’efface pas non plus comme dans « Big Eyes ». Les seuls spectateurs qui seront peut-être déçus seront les aficionados du roman car le script lui est assez infidèle… Certains regretteront que l’humour du film ou la romance adoucissent le propos sombre de l’histoire originale.

Néanmoins, je déconseillerais ce film aux jeunes enfants : mort des personnages gentils, résurrection, dégustations de globes oculaires humains, monstres assez effrayants.Les « holocreux » sont ainsi une synthèse entre l’ogre du « Labyrinthe de Pan » de Del Toro, le boogeyman dans « Conjuring 2 »  et les créatures efflanquées burtoniennes « classiques »  !

On recommande le film à partir de 10 ans et c’est très bien à mon avis, je dirais même que c’est plus vers l’âge de 12 ans qu’ils apprécieront vraiment.

La musique n’est pas signée Danny Elfman mais ses successeurs ont fait du bon travail. La photographie est très belle, ainsi que les effets spéciaux.

Deux regrets : la 3D pas nécessaire et qui assombrit certaines scènes. Et le peu de scènes avec Allison Janney jouant la psychologie de Jake et Judi Dench,  incarnant Miss Avocet – voilà encore deux actrices de talent au regard particulier.

En conclusion : Mission accomplie pour « Miss Peregrine ». Tim Burton adapte un roman à succès tout en imposant sa patte et beaucoup de « fun » à l’histoire.

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MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS

Titre original : Miss Peregrine’s Home For Peculiar Children

Distributeur : Twentieth Century Fox France

Date de sortie :  5 octobre 2016 (2h 07min)
De Tim Burton

Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson, Judi Dench, Rupert Everett…

5 commentaires sur “[Avis] Miss Peregrine et les Enfants particuliers de Tim Burton

  1. J’ai hésité à aller le voir, finalement j’y suis allée et je ne regrette pas (j’avais été déçue par « Big Eyes »).
    Honnêtement je ne me souvenais que des grandes lignes du roman (j’ai lu uniquement le 1er tome, je vais commencer le second d’ici ce soir), donc je n’ai pas fait attention aux changements sur des personnages.
    C’est très Burtonien comme atmosphère mais ça reste abordable par tout le monde, ce qui n’aurait peut-être pas été le cas s’il avait conservé toute la noirceur du roman.

    1. Même ressenti que toi. Pour l’instant je l’ai vu 2 fois,pas déçue du tout et je le reverrai surement une 3e…
      Sinon j’ai lu le second tome du roman, je ne te dis rien…

  2. Bonjour, pour ma part j’avoue être complètement mordue du livre, les 3 tomes, mais pas du film. Pourtant j’adore l’univers de Tim Burton. Mais il y a trop de changements à mon goût! Je trouve le livre, certes plus sombre, mais tellement plus prenant. Je ne comprend pas l’utilité de changer les pouvoir de certains particuliers.

    1. Bonjour oui c’est vrai que l’adaptation est infidèle. Je pense que c’était pour éviter le copié collé. Moi aussi j’ai tiqué à l’inversion des pouvoirs de certains personnages… Mais cela permet quelques scènes poétiques. Comme vous le dites, c’est une question de goût 🙂

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