[Avis] HAPPILY EVER AFTER, de et avec Tatjana Božić

Le 3 février sort Happily Ever After  un documentaire autobiographique croate et néerlandais réalisé par Tatjana Božic…

Visiter ses ex quand votre couple bat de l’aile ? Elle l’a fait. Après avoir enchaîné des relations amoureuses mouvementées et passionnelles, la cinéaste Tatjana Božić décide, caméra au poing, de prendre la route pour retrouver ses anciens amants et comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Un road-movie amoureux, décalé et sans concessions à travers l’Europe. (synopsis officiel)

affiche Happily ever after
(c) Aloest Distribution

En voilà une idée originale, à savoir partir à la recherche de ses ex pour comprendre les raisons de la rupture !
Il fallait oser, Tatjana Božić l’a fait.
Cette démarche peut paraître nombriliste, futile ou géniale.
En tout cas, pour la belle quadragénaire à la chevelure de feu, cette recherche semblait fondamentale.
La réalisatrice globe-trotter a quitté, à l’âge de quinze ans, l’ex Yougoslavie pour l’URSS où elle a rencontré son premier amour Pavel.
C’est donc lui, le plus romantique, au charme intact, qu’elle va rencontrer en premier, dix-huit ans après leur rupture.
Pavel s’est marié rapidement après leur séparation et est devenu père de famille. On assiste alors à des retrouvailles émouvantes et à une situation surprenante où Tatiana est accueillie chaleureusement par toute la famille de son ancien amoureux.

happily ever after
Puis, c’est au tour du mystérieux et spirituel Aleksei, de Franck, une âme allemande authentique,Vjeran « qui lui avait coupé la respiration », Jacob l’anglais, un amour d’été torride.
C’est bien une sorte de road-movie amoureux, plein d’émotion et de nostalgie.
Ce qui est étonnant, c’est que tous ces hommes aient accepté de retrouver leur amour de jeunesse, souvent en présence de leur conjointe , et … d’une caméra.
Les échanges paraissent sincères et sont souvent déroutants.Il est souvent difficile de comprendre les motivations qui ont poussé ces messieurs à s’enfuir.
Il n’y a aucune réticence de leur part concernant l’évocation de leur amour qui fut réciproque.
Et pourtant Tatjana a parfois tout abandonné pour suivre ses amoureux. Elle qui était végétarienne , s’est mise à manger de la viande, à supporter les traditions désuètes des familles de ses ex …

Mais l’amour ne rime jamais avec toujours chez cette jeune femme brillante qui n’aspire qu’à la stabilité affective.

Tajana

Et ce qui est particulièrement intéressant, c’est la façon subtile dont la cinéaste filme l’évolution de son couple avec Rogier, le dernier amoureux qui nous est présenté et le père de son enfant.

En plein boum des selfies et la mode de l’exposition de sa vie privée sur les réseaux sociaux, filmer son quotidien ne semble pas exceptionnel. Mais la cinéaste le fait avec talent, avec un sens certain de l’esthétisme et du rythme.

Elle a déjà réalisé de nombreux documentaires qui ont remporté des prix.

Elle consacre une grande partie de son travail à la place des femmes dans la société.

De nombreuses représentantes du sexe féminin devraient s’identifier dans cette quête d’amour et l’incompréhension de leurs partenaires.

« HAPPILY EVER AFTER » est qualifié de « comédie documentaire » sur l’affiche.
Il n’est en effet pas évident de distinguer la part de fiction, de la réalité, dans ce long métrage.
Mais cela ne retire rien à l’intérêt de son questionnement et à son originalité.

Merci à la blogueuse Maia Mazaurette d’avoir introduit avec humour l’avant première au Luminor de Paris et à Aloest Distribution d’avoir organisé une soirée festive et chaleureuse après la projection.

Tatjana B

Michèle

***

HAPPILY EVER AFTER

Tribulations d’une amoureuse

de Tatjana Božić

Happily Ever After a remporté le Prix du meilleur film et du meilleur montage au Liburnia Film Festival 2014, la Mention Spéciale du Jury au Sarajevo Film Festival 2014 et Festival de documentaire de Podgorica, le Prix du meilleur scénario au Festival du Documentaire et Court-métrage de Belgrade 2015 et le Veau d’or du meilleur montage au ​​Dutch Film Festival 2014.

Le film a aussi été présenté, en 2014, au Festival International du Film Documentaire de Zagreb et au Festival International du Film de Rotterdam.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.