[Avis choral] Les Yeux jaunes des crocodiles avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart et Patrick Bruel

A livre choral, film choral. Et à film choral, avis choral.  Voici donc ce que nous avons pensé des Yeux jaunes des crocodiles. Avis écrit à 4 mains par Michèle (qui n’avait pas lu le roman et ne connaissait pas l’histoire) et moi-même, qui ai dévoré le roman éponyme. L’affiche du film, inspirée des couleurs chatoyantes de la couverture du livre, était bien alléchante… mais le film allait-il réussir à garder le ton du roman ?

Affiche les Yeux jaunes du crocodile © Wild Bunch
Affiche les Yeux jaunes du crocodile © Wild Bunch

Adapter un best – seller au cinéma est un exercice périlleux car les amateurs du livre risquent d’être déçus ( c’est un peu mon cas, je préfère le livre mais lisez la suite) …
et ceux qui ne l’ont pas lu risquent d’être insensibles à une histoire dont il a fallu abréger ou amputer certaines subtilités pour qu’elle adopte un format cinématographique.

Cécile Télerman a t-elle réussi ce défi en réalisant ce film dont elle a co-écrit le scénario avec Charlotte de Champfleury – un nom prédestiné pour ce film inaugural du Printemps du Cinéma  (le lien vers l’article arrive bientôt) ?

Julie emmanuelle
©Thibault Grabherr & Anouchka de Williencourt © Wild Bunch

Cet avis, plutôt positif, est motivé par le talent des comédiens…
La réalisatrice a réuni, en effet, un casting en or pour faire vivre à l’écran la saga populaire de Katherine Pancol .
Ce que l’on retient en premier de cette fiction, c’est le magnifique duo constitué par Iris ( Emmanuelle Béart, superbe bourgeoise dont le” cœur est resté en hiver” ) et Joséphine (Julie Depardieu , éternelle maladroite attendrissante).
Les relations complexes et évolutives de ces deux sœurs très différentes ne manquent pas de piquant. L’évocation de leurs trajectoires opposées est montrée de façon subtile et parfois émouvante.
Globalement, par contraste, les rôles masculins semblent moins mis en valeur même s’ils sont incarnés par des acteurs de renom.
Samuel Le Bihan,ex- sociétaire de la Comédie Française, est un acteur brillant mais il est un peu “écrasé ” dans le rôle de Antoine dit Tonio, ce chômeur à la dérive, mari de Joséphine.
Jacques Weber, immense comédien (qui aurait remplacé au pied levé Gérard Depardieu, parti pour d’autres contrées …) s’en tire bien, naturellement mais il n’assure pas là sa meilleure prestation.
Par contre Patrick Bruel qui incarne un riche avocat, le mari d’Iris a trouvé le ton juste, empreint d’une grande sobriété… Un homme lucide mais mal marié. Un beau rôle tout en profondeur.
Edith Scob,âgée de 76 ans, interprète Henriette  ( surnom : le Cure-dents),  la mère hystérique et pathétique des deux sœurs terribles. Elle déborde d’énergie. Et il est amusant et surprenant de voir celle qui a interprété Violaine de Claudel, déambuler dans tous les sens.
La jeune Alice Isaaz joue Hortense, la fille aînée de Joséphine. Après avoir été souvent détestable avec sa mère, la jeune actrice maîtrise bien la révélation émouvante, à la fin du film… Un jeune talent à suivre.
Karole Rocher s’est invitée à nouveau, avec succès,” au bal des actrices ” ( à noter un détail croquant : le crocodile est à l’ordre du jour dans la vie de Karole puisque Thomas Ngijol,son compagnon, vient de tourner le Crocodile du Botswanga.).

Quim Gutiérrez ( vu dans Les Derniers Jours ) possède l’exotisme et la beauté de Luca, même si son accent est espagnol au lieu d’italien. Mais bon, on pardonne à la personne qui a fait le casting. Va bene.Tout comme  on accepte le choix de la blonde Emmanuelle Béart – le roman nous parle de la longue chevelure brune d’Iris… Et j’imaginais Anne Parillaud ou Anne Brochet dans le rôle. Mais l’interprétation de Mlle Béart est très bien, alors, là encore, on passe outre ces détails capillaires.

Nous avons donc été séduites par les acteurs… Mais le film présente aussi quelques défauts. Nous avons trouvé que l’histoire était un peu longue à démarrer, et quelques longueurs par la suite. Dans la mesure où l’histoire est tirée d’un pavé littéraire, on aurait pu penser que deux heures seraient insuffisantes pour décrire tous les personnages … Et pourtant, curieusement, cela paraît long. Certaines scènes auraient pu être écourtées. Ceux qui ont lu le livre, au contraire, vont se désoler de voir certains passages supprimés, ou raccourcis. Certains personnages ont disparu ou ne font que passer.

En résumé, cette adaptation est un bon divertissement avec un scénario intéressant et des acteurs de qualité. Les fans du roman seront peut-être un peu déçus par certains détails mais devraient tout de même passer un bon moment.
Il y aura – t-il une suite aux aventures de Jo, Iris et les autres, étant donné que le roman originel est le premier volume d’une trilogie  ?

logo Les yeux jaunes du crocodile
  • Un film de Cécile Télerman
  • avec Julie Depardieu, Emmanuelle Béart, Patrick Bruel
  • au cinéma le 9 avril 2014
  • durée : 2H06
Deux sœurs que tout oppose. Joséphine, 40 ans, historienne spécialisée dans le 12ème siècle, confrontée aux difficultés de la vie; et Iris, outrageusement belle, menant une vie de parisienne aisée et futile. Un soir, lors d’un diner mondain, Iris se vante d’écrire un roman. Prise dans son mensonge, elle persuade sa sœur, abandonnée par son mari et couverte de dettes, d’écrire ce roman qu’Iris signera, lui laissant l’argent. Le succès du livre va changer à jamais leur relation et transformer radicalement leurs vies.


LES YEUX JAUNES DES CROCODILES – Bande annonce par wildbunch-distrib

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