[Reprise] Fleurs d’équinoxe de Yasujiro Ozu (1958)

La Cinémathèque va bientôt consacrer une rétrospective au maître du cinéma Yasujiro Ozu,  et Carlotta nous offre une splendide restauration de Fleurs d’Equinoxe ( restauration déjà présentée à la Mostra de Venise.) Et si nous parlions de et de ce film tout en pudeur qu’en Fleurs d’Équinoxe ?

fleurs équinoxe affiche

 

Avis sur Fleurs d’équinoxe

« Fleurs d’équinoxe »  (Higanbana) est le premier film en couleurs de Yasujiro Ozu. A part cet ajout de couleurs ( un apport très travaillé, et centré sur le rouge, couleur de la fleur higanbana), rien de nouveau sous le soleil d’Ozu, le cinéaste de la famille.
« Fleurs d’équinoxe » traite d’un conflit de génération ( un père refuse que sa fille épouse l’homme qu’elle aime). Le film oppose continuellement le Japon traditionnel du Japon moderne. Un vrai régal…même si certains passages peuvent sembler longs au néophyte.

Car, comme toujours chez Ozu, tous les sentiments sont subtils,  les personnages sont extrêmement bien écrits, leurs gestes semblent presque chorégraphiés. L’action n’est pas trépidante, le film est par moments contemplatifs. Les dialogues et l’histoire importent d’ailleurs autant que les gestes et les non-dits des personnages. L’émotion se traduit souvent d’ailleurs par un geste, une attitude qui change, ou un regard qui se perd dans le vague…

Autre marque de fabrique du réalisateur : la place de sa caméra, toujours à hauteur de la « position du tatami ». Sa signature. La vision doit correspondre à celle de quelqu’un « assis en position traditionnelle » sur le tatami, soit environ à 90 cm du sol (pour maintenir la caméra à cette hauteur, Ozu utilisant un trépied… ) « Avant chaque prise, Ozu choisissait le cadrage, puis plaçait les acteurs dans le champ (…) chaque prise était précisément minutée. » apprend-on dans le dossier de presse. Le résultat est assez indescriptible, si ce n’est que l’on sent le soin apporté à l’image dans le film : Ozu compose presque des tableaux vivants !

J’ai été – agréablement – surprise par une chose :   il  y a beaucoup d’humour dans le film. Que ce soit certains personnages comiques, comme la mère de Yukiko, hypocondriaque maniaque qui veut marier sa fille à tout prix, ou le jeune assistant qui veut faire bonne figure devant son patron . Les contradictions du père de famille sont elles aussi amusantes –  surtout lorsque Yukiko, l’amie de sa fille, le piège. alors oui, certains passages peuvent paraître un peu longs, comme ce repas où des amis de longue date récitent ensemble un poème. Mais cette scène anodine, qui n’apporte rien de particulier à l’histoire, instaure tout de même une certaine atmosphère et déclenchera peut -être quelque chose chez le héros… ou chez le spectateur.

Au final, Fleurs d’Equinoxe est à la fois très japonais et très universel. L’histoire, touchante, contient les thèmes favoris de l’auteur, et la photographie est magnifique. Quant aux personnages, ils sont très attachants.
Osez Ozu, et découvrez ces fleurs d’équinoxe sans hésitation si vous aimez le cinéma « sentimental » (non, ce n’est péjoratif), un cinéma « humaniste »qui aime les personnages… un peu, beaucoup, passionnément !

fleurs équinoxe

Fleurs d’équinoxe de Yasujiro Ozu : au cinéma le 22 janvier 2014 en version restaurée inédite

Date de reprise 22 janvier 2014
Date de sortie en France :

Durée : 1h55min

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