[Avis] Gabrielle de Louise Archambault

 

« Incendies« , « Starbuck », « Monsieur Lazhar« , le cinéma du Québec est en forme. « Gabrielle » semble bien parti pour être le nouveau film phénomène canadien. Prix du Public à Locarno, prix du jury jeune et prix d’interprétation à Angoulême, ce second film de Louise Archambault été choisi pour représenter le Canada dans la compétition à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. J’ai pu voir le film grâce au Grand Prix  Cinéma ELLE, et à mon avis, Gabrielle a toutes ses chances de remporter un autre trophée.

 

gabrielle
La fiche du film pour le Grand Prix cinéma ELLE

Synopsis 

Gabrielle et Martin tombent fous amoureux l’un de l’autre. Mais leur entourage ne leur permet pas de vivre cet amour comme ils l’entendent car Gabrielle et Martin ne sont pas tout à fait comme les autres. Déterminés, ils devront affronter les préjugés pour espérer vivre une histoire d’amour qui n’a rien d’ordinaire.

 (source : Gabrielle – film 2013 – AlloCiné.)

 AVIS

Ce film québécois a particulièrement ému l’assistance du Grand Prix ELLE. J’ai eu l’impression de faire partie des cœurs de pierre, i.e : je n’ai pas pleuré. Pour rester dans le négatif, j’ai trouvé que certaines scènes étaient inutiles. Certains effets de style m’ont déplu, étant un peu répétitifs.
En revanche, la photo est belle, la lumière naturelle mettant en valeur les visages… Ce « Gabrielle » est traversé par des moments de grâce. Le pré-générique par exemple, une scène d’amour, les répétitions, ou bien encore une balade dans le bus. L’ensemble est tendre et émouvant –  je n’ai pas pleuré certes, mais cela ne veut pas dire que je n’ai pas été émue !

C’est le second film de Louise Archambault, et il faut reconnaître que la réalisatrice n’a pas choisi la facilité : tourner avec des adultes atteints de handicap intellectuel, membres d’une chorale (Les Muses de Montréal), et donc filmer un concert…

L’histoire d’amour contrariée entre ces deux jeunes adultes pas comme tous les autres touche profondément, car finalement, ce qu’ils veulent, c’est vivre une histoire d’amour banale. La relation entre Gabrielle et sa sœur (Mélissa Désormeaux-Poulin, l’actrice qui joue la jumelle dans « Incendies » de Denis Villeneuve).

Les relations parents /enfants sont aussi touchantes mais moins développées. Dommage que la mère de Martin (Marie Gignac)  porte un peu le chapeau : elle passe pour la méchante de service lors d’un entretien alors que les personnages du tuteur (Benoit Gouin) et de la sœur de Gabrielle passent pour être très ouverts d’esprits… On aurait peut-être pu s’attarder un peu plus sur le personnage de la mère de Martin, et celui de la mère de Gabrielle (Isabelle Vincent).

Précisons que de nombreuses scènes font sourire, on n’est pas dans le drame en permanence. La réalisatrice filme comme un documentaire la vie de Gabrielle, avec ses hauts et ses bas. Elle témoigne d’une profonde tendresse envers ses personnages. Surtout envers celui de son héroïne interprétée par Gabrielle Marion-Rivard dont c’est le premier rôle. La jeune femme au sourire éclatante est atteinte « dans la vraie vie « du syndrome de Williams, une maladie génétique caractérisée par un retard mental. Les personnes atteintes de ce syndrome seraient particulièrement douées en musique, et c’est le cas de Gabrielle qui a l’oreille absolue. Dans le film, on la voit danser et chanter. Tout comme le reste des Muses, et ces « muses » sont particulièrement douées !

Gabrielle est soutenue par de très bons comédiens professionnels, comme Alexandre Landry qui interprète parfaitement Martin l’amoureux transi de Gabrielle. Heureusement, il n’a aucun des tics à la Rain Man qui aurait pu énerver une partie du public. Le courant passe avec Gabrielle Marion Rivard, et leur histoire d’amour fonctionne vraiment à l’écran. Les scènes d’amour sont d’ailleurs filmées avec beaucoup de pudeur et de naturel.

Et puis, les scènes de concert avec Robert Charlebois sont super. Robert Charlebois apparaît dans son propre rôle, et ses chansons sont vraiment bien choisies: « Ordinaire » interprété par la troupe et Martin… Le personnage de Martin ne rêvant que d’une chose : être « normal », un homme « ordinaire »… Mais la plus belle scène musicale, celle où l’émotion décolle, c’est « Lindberg ».

Enfin, le film a le mérite d’aborder le thème de l’amour et de la sexualité chez les handicapés (thème certes survolé dans Intouchables). Quant au message – à savoir que tout le monde a droit au bonheur et à l’amour – il faudrait être fort chagrin pour ne pas l’apprécier.

Conclusion :
Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un film sensible sur le handicap et la famille. Alors donnez sa chance à « Gabrielle ». Peut-être tomberez-vous en amour avec ce film ( malgré ses petits défauts formels.) C’est tout le bien que je vous souhaite.

Gabrielle

Date de sortie : 16 octobre 2013

Durée : 1h 44min

Réalisé par Louise Archambault

Avec Gabrielle Marion-Rivard, Mélissa Désormeaux-Poulin, Alexandre Landry, Benoit Gouin, Isabelle Vincent, Véronique Beaudet, Marie Gignac, Vincent-Guillaume Otis, Sébastien Ricard

Avec la participation de Robert Charlebois

La page Facebook du film

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