The Way, La route ensemble – film de Emilio Estevez avec Martin Sheen

The Way raconte l’histoire du pèlerinage au « Camino » d’un médecin américain (Martin Sheen) suite à la perte de son fils… Au début, je ne voulais pas aller voir ce film. Mais une opportunité qui ne pouvait se refuser s’est présentée.
Le cinéma de ma ville a organisé une projection exceptionnelle en avril dernier, avec un débat à la clé (débat auquel je n’ai pas assisté, mea culpa.)
Et puis, j’avoue que les noms de Martin Sheen et Emilio Estevez sur l’affiche avaient retenu mon attention. Voici ce que j’en ai pensé.

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Synopsis

Tom Avery, médecin américain à l’existence confortable, se rend d’urgence en France où son fils Daniel vient de disparaître lors d’un accident en montagne. Il découvre sur place que ce fils qu’il n’a jamais compris avait entrepris le pèlerinage de Compostelle. Tom décide alors de prendre le « camino ». Sur sa route, il croise Jack l’irlandais, Sarah la canadienne ou encore le hollandais Joost, pèlerins aux caractères bien trempés. D’abord fuyant, Tom s’ouvre pas à pas, à mesure qu’il apprend enfin à « marcher ensemble ».

AVIS 

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Tracer sa route… 

« THE  WAY  » est une bonne surprise, et j’ai gardé ce film en mémoire.
D’abord, pour le récit à proprement parler :  un road movie qui propose un vrai parcours intérieur. Ensuite pour la balade à proprement parler : les paysages pyrénéens sont somptueux et la bande originale les accompagne agréablement  ( Alanis Morrisette entre autres,  avec « Thank you »).

Le duo Estevez/Sheen  (père et fils à la ville comme à la scène) semble vraiment sincère dans sa démarche, les autres acteurs également ; j’ai particulièrement aimé l’absence de « prêchi-prêcha » et de prosélytisme dans la démarche du réalisateur. En fait, pour chaque personnage, on peut se demander quelles sont les raisons réelles de sa démarche. Estevez nous propose d’aller au -delà des clichés et des apparences, il nous permet de suivre un cheminement intérieur,  ou plutôt plusieurs, sans juger. Chaque personnage reviendra transformé de ce chemin de Compostelle.

Les personnes qui font la route, compagnons de fortune de Tom, ont chacun une bonne raison de partir. Au delà de l’effort physique, les pèlerins sont à la recherche de quelque chose (l’oubli,  le deuil, l’inspiration) mais surtout d’eux-mêmes. Les différentes attitudes  possibles envers le pèlerinage et la foi sont abordées dans le film. Joost est une personne ouverte, bavarde à l’excès, c’est un bon vivant peut-être plus sensible et triste qu’il n’y paraît… A l’opposé,toujours sur la  défensive, il y a Sara qui cherche à oublier une relation malheureuse et les multiples blessures du passé (Deborah Kara Unger, très loin du glamour, est vraiment très bien dans ce rôle). Quant à Jack, l’écrivain raté, c’est un personnage à la fois fois sympathique et détestable par moments… Tout comme Tom le héros(Martin Sheen), homme froid obsédé par la réussite : il ne s’entendait pas avec son fils (Emilio Estevez), un jeune homme impulsif qui cherchait sa voie (un peu comme Christopher dans « Into the Wild ») et l’avait plus ou moins renié … Tom, Sara, Jack et Joost sont des hommes et des femmes qui sont partis sans réelle conviction religieuse.

On apprend également plein de choses sur le pèlerinage à Saint Jacques. Par exemple, j’ignorais tout du passeport à faire valider à chaque étape. Le film nous montre aussi comment cette démarche spirituelle est devenue un business pour les hôteliers de la région.

Le film donne vraiment envie de marcher sur la route de Compostelle. Histoire de voir nous aussi les 791 km de route dans les Pyrénées française et espagnoles. Cela fait du temps de voir un film où des gens très différents se rapprochent,  s’entraident et se mettent à (re) marcher ensemble.
Alors bien entendu , il y a des passages très émouvants qui vont solliciter vos glandes lacrymales… Mais bon, un père qui prend la place de son fils pour réaliser son rêve, cela ne vous met pas la larme à l’œil ? Moi si  ! Et puis l’émotion est assez bien balancée par certaines situations comiques…
Bref, après le très bon « Into the Wild », et le bien moins bon « Mange, prie, aime »,  voici un film qui vous fera voir du pays, tout en vous faisant réfléchir sur la vie en général.

 

25 septembre 2013, (2h 08min)

Réalisé par Emilio Estevez

Avec Martin Sheen, Emilio Estevez, Deborah Kara Unger, Tchéky Karyo …


Sur la route, extrait de The Way

 

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