[Critique] Stoker de Park-Chan Wook

STOKER est le premier film en anglais du sulfureux réalisateur coréen Park Chan-Wook. C’est Raphaël, notre spécialiste des films d’épouvante, et fan de Hitchcock, qui est allé voir ce film qui devait lui plaire … a priori. Alors, Raphaël t-il aimé ou détesté STOKER ?

Stoker-Affiche-France

 Critique

© Fox Searchlight

Le réalisateur sud-coréen Park Chan-Wook fait son incursion à Hollywood avec ce film, Stoker, que l’on nous a gentiment présenté comme un OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié). Il est vrai que le casting fait déjà office de melting pot inattendu entre une star internationale, Nicole Kidman, un acteur britannique qui monte, Matthew Goode, et une jeune actrice pleine de promesses, Mia Wasikowska. Cette dernière impressionne dans le rôle d’une adolescente mystérieuse à mille lieues du personnage gentillet d’Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Stoker pourrait d’ailleurs se rebaptiser « Mia aux pays des schizos » tant son personnage, ambiguë, est central et vole même la vedette à Nicole Kidman, un brin trop discrète et faisant surtout office d’argument marketing pour aller voir le film.

Autre surprise assez inattendue, et qui confirme que Stoker est une étrangeté rien que sur le papier, est la signature du scénario par Wentworth « Prison Break » Miller dont on entendait plus beaucoup parler d’ailleurs – à part dans la rubrique people de certains magazines. L’acteur a même dû prendre un pseudonyme (le nom de son chien !) pour que son scénario, réécriture du film d’Hitchcock L’Ombre d’un doute, soit pris au sérieux.

Le résultat de tous ces ingrédients plus intéressants les uns que les autres donne une œuvre visuellement aboutie avec une très jolie photo magnifiée par une bande son soignée. Le film dégage un style particulier et il n’y a pas d’hitchcockien que l’inspiration mais aussi la mise en scène avec une longue exposition des faits et des personnages … avant que le suspense et le doute ne s’installent.

Le cœur de l’intrigue repose sur la relation entre India, la nièce et Charlie, l’oncle, qui débarque d’on ne sait d’où à la mort de son frère dans un accident de voiture. A l’image du personnage de Théorème de Pasolini ou de Harry, un ami qui vous veut du bien, Charlie va perturber l’équilibre (précaire ?) de la maisonnée et s’immiscer entre la mère et la fille. Désir et fascination vont s’entremêler jusqu’à un dénouement sanglant.
Sans trop dévoiler l’histoire, des masques vont tomber, d’autres vont se former. Mais à force de vouloir faire un film original, Park Chan-Wook se perd un peu dans les méandres du scénario et la fin du film est à l’image de l’ensemble de l’œuvre, propice aux multiples interprétations.

 

STOKER

De Park-Chan Wook

Avec Mia Wasikowska, Matthew Goode, Nicole Kidman…

Scénario de Wentworth Miller.
Produit par Ridley et Tony Scott.

En salle le 01/05/2013

 Synopsis

A la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, assiste au retour de son oncle, un homme mystérieux dont elle ignorait l’existence, et qui s’installe avec elle et sa mère. India commence à soupçonner que les motivations de cet homme charmeur ne sont pas sans arrière-pensées et ne tarde pas à ressentir pour lui des sentiments mêlés de méfiance et d’attirance.

La bande annonce du film :

 

BONUS

– L’avis de TvCinep(h)ages: Critique : Stoker : Laissez-vous manipuler par l’impensable (01/05/13).

– Retrouvez l’univers de Stoker sur le site : http://www.stoker-lefilm.com/

  • – Pour vous immerger à nouveau dans cette ambiance si particulière, vous pouvez la redécouvrir sur un Tumblr dédié : letterstoindia.com.




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1 commentaire sur “[Critique] Stoker de Park-Chan Wook

  1. J’ai vu l’Ombre d’un doute il y a peu de temps : il faut signaler que c’était le premier film américain d’Alfred Hitchcock… L’histoire de Stoker n’a pas l’air très similaire, à part l’arrivée suspecte d’un membre de la famille trouble envers sa nièce…

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