[Critique] Evil Dead de Fede Alvarez

Raphaël a assisté à l’avant-première exceptionnelle d’EVIL DEAD version 2013, projection suivie d’une master-class avec le réalisateur Fede Alvarez.

Voici son avis inspiré et ses réflexions sur ce remake d’un classique de l’horreur… 

 evil dead affiche

Critique

Quand j’ai appris qu’un remake d’Evil Dead allait sortir au cinéma, c’est-à-dire la semaine dernière (!), je n’ai pas manifesté d’enthousiasme particulier, n’ayant pas vraiment apprécié le film original. En effet, je n’ai jamais compris en quoi le film de Sam Raimi, réalisé en 1981 était si génial que ça au point de le hisser au rang des films cultes. Certes, il a peut être lancé le cinéma d’horreur gore ou transformé le cinéma d’horreur de l’époque mais rappelons toute de même qu’à part quelques plans intéressants et une bande son angoissante, l’histoire du film se résume en deux lignes : une bande d’amis venus se détendre dans une vieille cabane au fond des bois a le malheur de réveiller un esprit maléfique endormi et c’est le début de la boucherie.

Je préfère les « slasher movies », c’est à dire les films de serial killer psychopathes comme Halloween, Vendredi 13 voire Massacre à la Tronçonneuse, beaucoup plus dérangeants et angoissants alors que les films purement gore comme Evil Dead sont surtout « dégueux » voire grand-guignolesques et répétitifs.

La veille de voir ce remake, j’ai décidé de revisionner l’original, ne me rappelant plus trop de quoi ça parlait, me souvenant surtout qu’il y avait du sang, du sang et encore du sang. Et encore une fois, je me suis ennuyé mais j’étais curieux de voir ce que ce remake allait nous réserver.

Je me demandais surtout si ce nouveau film serait à classer parmi les remake ratés récemment sortis sur nos écrans comme ceux de La Malédiction, Vendredi 13 et La Dernière Maison sur la gauche ou parmi les remakes égalant voire dépassant l’original comme Massacre à la tronçonneuse, l’Armée des Morts (remake de Zombie de Romero) et La Colline a des yeux. Mais comme je l’ai dit plus haut, n’ayant pas beaucoup apprécié l’original Evil Dead, la question était surtout : « le remake serait-il moins ennuyeux et plus intéressant ? » Réponse : oui… mais.

 Avant de parler du film, évoquons la genèse du projet. Sam Raimi et Bruce Campbell, respectivement réalisateur et acteur principal de l’original ont eu l’idée de faire un remake d’Evil Dead et c’est un illustre inconnu venu tout droit de son Uruguay natal, qu’ils ont choisi. Fede Alvarez, l’heureux élu, fan de Sam Raimi (ça tombe bien), était surtout connu pour son impressionnant court-métrage, Ataque de Panico, bijou d’effets spéciaux de 4 minutes- où Montevideo est attaquée par des robots géants – rendu célèbre notamment grâce à Youtube.

 Alors ce film ? 

Tout d’abord, il n’y a pas de quoi s’extasier et je ne comprends pas trop l’enthousiasme de certains à la fin de la projection, sans doute des fans de la première heure dont je ne fais pas partie alors ceci explique cela. Mais en toute objectivité je dois dire que j’ai trouvé ce film globalement déjà vu et surtout grotesque. Sans doute que l’idée de départ n’était pas de nous faire réfléchir mais un minimum de bon sens aurait été le bienvenu et nous aurait évité des situations purement illogiques à en devenir marrantes tellement on sent le second degré pointer le bout de son nez. Il faut dire qu’ Hollywood a l’habitude des situation absurdes et le cinéma d’horreur s’y prête bien. Ce n’est pas nouveau et nombreux sont ces films où les héros ou héroïnes retournent dans une maison ou s’enferment dans une pièce au lieu de s’échapper. Mais que ferait-on si on était dans la même situation ?

Parmi les scènes les plus absurdes, je souhaiterais relever deux exemples où deux personnages différents se coupent un bras au couteau électrique ou s’arrachent une main coincée sous une voiture. C’est évident, se couper un membre est aussi facile que se percer un bouton ! Et que dire de ces deux autres personnages qui après s’être pris une balle dans le bras, un morceau de verre dans le torse, des clous un peu partout et quelques coups de barre métallique sur la tête et ailleurs se relèvent ragaillardis prêts à exploser du démon ? Mais le plus débile dans ce film c’est évidemment l’origine même du réveil des démons. Un des personnages trouve au sous-sol de la cabane, où sont entreposés des dizaines de cadavres de chats, un livre dans lequel il est écrit que les incantations qui y figurent ne doivent pas être prononcées et devinez quoi ? Ben ce c*n les prononce à haute voix ! Non mais allô quoi ! N’importe qui en voyant ce sous-sol serait déjà parti de la maison mais non, nos petits copains restent là, tranquilles, pour la nuit.

Evil Dead ne ravira pas ceux qui aiment un minimum de logique dans le scénario (même si c’est un film d’horreur) mais plutôt les amateurs de gros effets. A ce niveau-là, il y en a ! Au cours de la Masterclass qui a suivi cette avant-première, le réalisateur himself a confié qu’aucun effet spécial numérique n’avait été utilisé dans ce film, que du « vrai », donc des litres de faux sang, des trucages à l’ancienne quoi ! Tellement authentiques qu’il aura fallu dix jours pour tourner la scène finale d’environ 5 minutes.

Evil Dead est donc d’une certaine façon un hommage aux films des années 70-80 dans la façon dont il a été réalisé. On repère d’ailleurs assez facilement des références à l’Exorciste, un des films préférés de Fede Alvarez, et puis des clins d’œil à Massacre à la tronçonneuse ou bien encore des films d’horreur japonais récents comme The Grudge.

Vous l’aurez compris, pour apprécier Evil Dead, il faut avoir surtout aimé l’original ou se délecter des boucheries sanglantes et grotesques où c’est à celui qui se tailladera le plus que reviendra le prix d’interprétation. Avant d’aller voir le film, pensez donc à mettre votre cerveau de côté et pour les plus sensibles un sac à vomi sera le bienvenu. Autre conseil : n’oubliez pas de rester jusqu’à la fin du générique,  vous pourrez voir un clin d’oeil à la première version d’ Evil dead.

Evil-Dead-1

Synopsis

Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois.

Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux… 

 
 

Evil Dead de Fede Alvarez
 
 
 Cette version a été produite par Sam Raimi et Bruce Campbell.
 
Le film est interdit aux moins de 16 ans.
 
Au cinéma le 1er mai.
Film distribué en France par Metropolitan.
Retrouvez le film sur Facebook : facebook.com/EvilDead.lefilm
Bande-annonce non-censurée :

 

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6 commentaires sur “[Critique] Evil Dead de Fede Alvarez

    1. C’est pour cela que je l’ai proposé à Raphael … Moi je préfère les regarder chez moi en sécurité dans le canapé et si possible bien entourée !

  1. Je pense, enfin c’est même certain, qu’Evil Dead ne pourra pas plaire au genre trop terre à terre. De façon générale de toute façon, pour apprécier le cinéma, ne faut-il pas se déconnecter de ce qui est « crédible » et « logique » ?!

    1. Merci pour ce commentaire Céline. Tu lances un vaste débat. Je répondrai « peut-être ! ».Cela dépend grandement du type de films à mon avis. Certains films sont totalement illogiques et on les trouveras poétiques … ou ridicules, selon son humeur. Pour l’horreur, je n’aime pas le gore, en revanche un peu de surnaturel comme La Dame en noir me convient parfaitement.

  2. L’article est vraiment un gros, très gros parti pris. Plus ici pour exposer le point de vue très personnel que de diriger le lecteur hésitant. Pour preuve, aucune allusion à la photographie magnifique dans le film, ou l’effort d’Alvarez de ne pas abuser d’effets spéciaux en CG. Evil Dead 2013 c’est surtout le reboot d’un monument de l’horreur. Un film culte comme les années 80 savaient le faire. La version 2013 apporte une toute autre vision de ce que Raimi avait en tête en 81, limité par les moyens de l’époque. Évidemment, comme le dit l’auteur de l’article, si on aime « le prénom » ou « le code a changé », Evil Dead est déconseillé de part son degré de nativité et de réactions ingénues des acteurs. Ce genre de films n’est là que pour des shoots d’adrénaline rapides et puissants.

    1. Bonjour Romain, merci pour ce commentaire. Il s’agit d’un avis personnel (pas une analyse objective, c’est un blog), et Raphaël explique pourquoi ce genre de film n’est pas son truc… et du coup, caractérise le genre, par rapport à d’autre films d’horreur. Ceci dit, ce reboot d’ Evil dead aurait pu lui faire de l’effet – mais ça n’a pas été le cas, et il justifie sa « non – réaction » dans l’article. Le film suscite en effet nombre de réactions contradictoires. Certains ont eu peur, d’autres pas. Certains ont ri dans la salle, d’autres étaient terrifiés…

      PS: Qu’entendez-vous par son degré de nativité ? « Naïveté »?

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