Les Âmes Vagabondes / The Host d’Andrew Niccol avec Diane Kruger et William Hurt

Commençons cette chronique par quelques confessions.
Tout d’abord, je n’ai pas lu le roman de Stephenie Meyer (car j’avais d’autres lectures en souffrance dans ma PAL, notamment pour le Prix des Lectrices). Ensuite, j’avoue que j’avais un peu peur du résultat, à cause des “on-dit” et du pitch.
D’un autre côté, je voulais voir ce film car Andrew Niccol était aux commandes et William Hurt faisait partie du casting… J’étais donc partagée – comme le principal personnage féminin ! (Je vous laisse lire le synopsis pour mieux comprendre et vous assure que mon esprit n’est pas contrôlé par un extraterrestre.)

The host_affiche

Synopsis des Ames vagabondes ( version simplifiée). Merci Allociné.

La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, se trouve un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-il la sauver ?

CRITIQUE

La traqueuse et Vagabonde

Un film de science fiction… mais  pas trop en fait.

Les Âmes Vagabondes est un teen movie qui utilise des références de Science Fiction, et pas l’inverse. Vous découvrirez l’histoire de Mélanie et de Vagabonde, l’âme extra-terrestre qui habite son corps. Après avoir inventé la “bit lit” en ajoutant du fantastique à des romances adolescentes dans Twilight, Stephenie Meyer a écrit une histoire d’amour sur fond d’invasion extra-terrestre.

Gattaca
Gattaca (Photo credit: Wikipedia)

Mais ici, point de superbes effets spéciaux avec des combats dans l’espace, point de travelling et d’exploration vers une planète inconnue. Non, on reconnaît plutôt la patte d’Andrew Niccol dans certains décors… Esthétiquement, le film est très beau sur grand écran (un peu comme Oblivion, on a envie de prendre un billet d’avion et de voyager dans les paysages décrits par le film) !  Le monde des rebelles humains est représenté avec des paysages désertiques somptueux, une grotte véritable caverne d’Ali Baba, des couleurs chaudes… De l’autre côté, le monde (notre Terre) des “Body Snatchers“est froid, bleuté, avec des bureaux et bâtiments”nickel chrome” à la Bienvenue à Gattaca.  Le look des Âmes et notamment celui de Diane Kruger, n’est pas sans rappeler celui de l’également blonde et longiligne Uma Thurman dans Bienvenue à Gattaca… Si vous aimez les voitures, vous appréciez le bon goût des Âmes qui roulent en Lotus Evora argentée, assorties à leur iris. Très classes, ces Aliens !

Hélas, on ne voit pas beaucoup les Âmes hormis la Traqueuse (interprétée par Diane Kruger). On n’apprend rien sur les mondes dont elles viennent ou sur leur long passé –  à part qu’elles sont pacifistes et capables de guérir de graves blessures… Et c’est vraiment dommage, j’aurais voulu en (sa)voir plus ! D’autant plus que la romance “au carré” m’a ennuyée voire énervée.

“Statut sentimental : C’est compliqué” … Les amours schizophrènes…

Jared et Melanie

Deux garçons, une fille, une âme … Plusieurs possibilités. Alors Mélanie aime Jared. Ian tombe amoureux de Gaby (le diminutif de Vagabonde, l’Âme). Tout va bien, sauf que Mélanie et Gaby partagent le même corps. Attention, et un auto crêpage de chignon en vue ! Il en résulte des situations tirées par les cheveux! Ainsi, les deux garçons (Max Irons et Jake Abel qui interprètent Jared et Ian) se refilent élégamment la fille pour l’embrasser à deux minutes d’intervalles et voir quelle personnalité ils embrassent… Scène très limite à mon humble avis. Cependant, certaines scènes et dialogues m’ont laissée perplexe, et cela m’a fait rire (ce qui après réflexion n’était certainement pas l’effet voulu par le réalisateur et la production). En effet, après l’imprégnation des loups qui tombe amoureux de nourrissons, voici que Stephenie Meyer nous dit qu’on peut avoir une relation d’amour à plusieurs et ne pas choisir (enfin, on embrasse juste  hein !). “Chéri, je t’ai trompé, mais ce n’était pas moi, c’était mon âme !”  Et pourtant il y avait du potentiel  romanesque : deux âmes dans un seul corps, chacune ayant un prétendant. C’est romantique… Et puis l’autre message de ces situations est très moral, lui  :  ce qui compte, c’est la beauté intérieure (mais oui bien sûr !). Ce n’est pas grave si les amants ne sont “même pas de la même planète !” Le moins que l’on  puisse dire c’est que Stephenie Meyer montre une plus grande ouverture d’esprit que dans sa saga Twilight. Ceux qui ont lu le roman connaissent la fin et savent donc si ces amours “contrariées” le resteront longtemps… En tout cas, pour moi, le final m’a semblé long à arriver, et j’ai cru plusieurs fois que le film se terminait… Mais non.

Des acteurs qui ne s’en sortent pas trop mal.

La jolie Saoirse Ronan donne beaucoup de sa personne (au début elle passe par la fenêtre, puis brûle sa peau de rousse dans le désert, se prend des claques…) dans ce double rôle de Mélanie/Gaby. La jeune actrice sera tout à fait apte à jouer le dédoublement de la personnalité à l’avenir. Elle réussit à éviter le ridicule (tout en le frôlant  dangereusement parfois) et l’on s’habitue à la voir converser avec elle-même. Plus fort, elle nous embarque même dans cette histoire abracadabrante.

Les deux garçons, le brun Max Irons (oui, c’est le fils de Jeremy Irons mais il ressemble plutôt à James ou Dave Franco) et le blond Jake Abel sont beaux et servent – un peu-  de faire-valoir à Saoirse Ronan. Ils honorent cependant leur contrat, et on comprend qu’une jeune fille puisse hésiter entre ces deux gravures de mode.

Diane Kruger, elle, est impeccable en extra-terrestre violente ( la seule qui soit véritablement agressive, les autres E.T. étant non violents), mais beaucoup moins convaincante dans son court rôle d’humaine.

Enfin, William Hurt rend son personnage d’oncle Jeb vraiment sympathique, mais on le voit trop peu à l’écran, et on aurait aimé voir son personnage de vieux sage farfelu encore plus ! C’est peut-être lui qui a les dialogues les plus sympathiques : “J’ai toujours aimé les histoires de SF, je n’aurais jamais imaginé en vivre une !”

Bref,  j’ai vu un film pour adolescents.
Vous l’aurez compris, les Âmes Vagabondes, c’est un teenage movie avec un message sur la tolérance, l’amour et l’amitié. Ce n’est pas bien méchant mais je n’ai plus l’âge pour … (comme dirait John McClane). Le pitch estampillé “science fiction” n’est qu’un prétexte pour nourrir le champs des possibles en matière d’hésitations amoureuses. Jeunes filles romantiques, vous aimerez certainement (mais n’oubliez pas de voir Warm Bodies et Sublimes Créatures avant, des films qui vous feront sourire en plus !)

En conclusion : Les Âmes Vagabondes, c’est trop long. On râlera devant de nombreux passages poussifs, cependant au final ce n’est pas totalement raté car quelques moments sont réussis. Ni purge ni chef d’oeuvre… Andrew Niccol a fait mieux (Bienvenue à Gattaca) mais ne se dé-crédibilise pas totalement avec de belles images.
  • LES ÂMES VAGABONDES – Bande annonce (VOST)

Adapté pour l’écran et réalisé par Andrew  Niccol

D’après le roman de Stephenie Meyer

Durée : 2h04

Un film distribué par Metropolitan Filmexport

Le générique de fin du film “Radioactive”  du groupe Imagine Dragons n’est pas mal du tout !

  • Bonus #2 – L’avis plutôt favorable d’une spécialiste de Stephanie Meyer

 Les Âmes Vagabondes / The Host – Songe d’une Nuit d’été – Twilight-Fascination.com.

  • Bonus #3 – Interview de Stephenie Meyer

Enhanced by Zemanta

4 commentaires sur “Les Âmes Vagabondes / The Host d’Andrew Niccol avec Diane Kruger et William Hurt

  1. Bon, le film se passera de moi. J’ai le livre en anglais, j’avais essayé de le lire mais j’ai vite décroché (compliqué cette histoire d’âme mise dans un corps humain, je n’arrivais pas à visualiser et comprendre la chose), je le reprendrai à l’occasion.
    Stephenie Meyer l’a écrit plutôt pour les adultes, voilà que le film s’adresse aux jeunes, et le coup des mecs qui embrassent successivement la fille … décidément cette auteur est surprenante : dans la vie elle est mormone et dans ses romans elle imagine l’imprégnation (le loup-garou qui s’éprend d’un bébé notamment) et là deux mecs pour une même fille (ok une fille et son esprit), j’ai raté un wagon à un moment.
    Ca m’a donné envie de revoir “Bienvenue à Gattaca” tout ça !

    1. Le film est quand même divertissant. Donc s’il passe à la TV, et si tu as lu le roman entre-temps, pourquoi pas ? Maintenant, j’ai envie d’écrire sur « Bienvenue à Gattaca » ! (J’ai le DVD et c’est l’un de mes films de SF préférés. Mais revenons à nos moutons.) Cela ne m’étonne pas que tu aies décroché, je pense que l’histoire est plus compliquée que Twilight, à lire en anglais… Je ne connais pas trop la religion mormone mais rappelons qu’elle autorisait la polygamie auparavant. Il y a même une série qui traite de ce sujet au sein d’une famille mormone. Peut-être que l’écriture sert d’exutoire à l’auteure.

  2. Je viens de m’apercevoir que le blog des people a repris un de mes paragraphes pour son billet sur William Hurt.Étrange mais on y voit le lien vers le billet entier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *