[Critique] Django Unchained de Quentin Tarantino

Django-Unchained-Affiche-France

Quentin Tarantino rêvait de réaliser un western, et il l’a fait !  Django Unchained est l’un des meilleurs Tarantino pour moi, si ce n’est le meilleur ! Un film qu’il ne faut pas manquer (et pas seulement parce qu’il est nominé aux Oscars). Découvrez pourquoi ci-dessous.

 

CRITIQUE

django-unchained-Schulz et Django
© Sony Pictures Releasing France

A la fin de la projection « Django Unchained », deux spectateurs –  masculins – se sont exclamés :  « C’était génial : un vrai film de mec « !

Pas d’accord : on peut tout à fait être une femme et apprécier ce film !
J’ai visionné un grand nombre de westerns. J’ai notamment vu  le « Django « de Sergio Corbucci (1966) : ce film n’a presque rien en commun avec Django Unchained [NB :  je vous reparlerai prochainement du film de Corbucci car il ressortira le 23 janvier sur nos écrans].  Quentin Tarantino, s’il se base sur de nombreuses références, renouvelle totalement le genre du western – tout en lui rendant hommage- avec ce « Django ».

Quand western spaghetti, blaxploitation et film d’aventure se rejoignent…

L’idée de génie de Tarantino, c’est d’ajouter la trame de l’esclavage au western. Django est donc un esclave noir qui devient chasseur de primes…  Le film est à mi-chemin entre « Shaft » , un western et une fresque historique traitant de l’esclavagisme. Si, dans le Django original, on abordait le thème du racisme à travers les rivalités entre Américains et Mexicains,  ici on se retrouve carrément dans une plantation à la « Autant en emporte le vent »- avant la guerre de Sécession.
Tarantino retourne dans le passé et  nous montre l’esclavagisme dans toute sa laideur (les combats entre mandrins, les punitions infligées aux esclaves fugitifs, les insultes raciales…).  Cela change un peu du second degré de ses films habituels, car il décrit avec gravité l’horreur de cette situation. On se sent comme le personnage de Schultz, l’Européen qui « découvre » la violence de cette exploitation de l’homme par l’homme.

Du fun et des flingues

Malgré ces passages sérieux, paradoxalement, Django  est « cool et fun »!  Le film réserve  de nombreux bons moments aux spectateurs.
Le  plaisir de visionnage est indéniable : dialogues de qualité, paysages splendides et costumes soignés, casting en or massif… et une bande originale très soignée avec du Ennio Morricone dedans, du rap ainsi que le tubesque « Django » tiré du film de Corbucci.

Les fans de films de cow boys apprécieront les références à « Rio Bravo », et à d’autres westerns – italiens ou non. Mais les non initiés apprécieront également le film. Q.T. ne laisse aucun spectateur de côté.Notamment grâce à son humour . On rit – par moments aux éclats – car le film de Tarantino possède une belle ironie, beaucoup de second degré et des dialogues pas piqués des vers… Je pense que même les spectateurs déçus par Tarantino ne bouderont pas leur plaisir devant  ce « Django »…
Car le réalisateur dans ce film, comme toujours, ose plus que jamais ! Les moments de bravoure se succèdent :  explosions, effusions de sang, combats sanglants, c’est extrêmement violent. Et comme dans bon nombre de ses films, on éprouve un certain plaisir à voir les héros se venger (comme dans Kill Bill, Boulevard du crime,  Inglorious Basterds… la vengeance est un thème tarantinesque récurrent).

4acteursDjango
De gauche à droite : Leonardo DiCaprio, Christoph Waltz, Samuel L. Jackson, Jamie Foxx
© Sony Pictures Releasing France

Des personnages  marquants !

Commençons par le duo formé par Jamie Foxx (Django) et Christoph Waltz (Schultz). Leur duo fait plaisir à voir  :  l’homme européen cultivé  – et polyglotte – et l’ancien esclave libéré de ses chaînes développe une belle amitié. Dans « Inglorious … », Waltz incarnait le salaud absolu et increvable, ici il hérite d’un personnage extrêmement sympathique. Waltz reconnaît en Jamie Foxx, un véritable Siegfried des Nibelungen et décide de l’aider au péril de sa vie pour retrouver sa Brunhilde car : “Quand un Allemand croise un Siegfried dans la vraie vie, ce n’est pas rien !” Foxx,lui, parle peu mais tire bien. Et quand il parle, ses répliques mouchent tout le monde.

A ce duo de « gentils » répond un duo de « méchants ». Leonardo DiCaprio incarne Calvin Candie, un véritable psychopathe, propriétaire du « Candyland », une  plantation de coton où  des esclaves sont entraînés pour se battre dans des combats à mort. Candie est à la fois risible (soi-disant francophile, il se révèle d’une inculture crasse), enfantin par ses caprices et très dérangeant  ( ses « pétages de plomb » , sa démonstration de phrénologie, voire sa relation avec sa soeur…)

Le bras droit de Candie est Stephen (l’acteur nominé aux Oscars Samuel L. Jackson). Stephen est un esclave noir qui gère la demeure de Candie, maniant encore plus les insultes racistes que son maître… Sans vouloir en dévoiler plus, sachez que Samuel L. Jackson est incroyable de dureté dans ce film (on savait qu’il pouvait jouer les méchants depuis « Incassable »).

Des caméos savoureux. On a le plaisir de voir Tarantino himself, le comique Jonah Hill , Don Johnson en Big Daddy …  Et Franco Nero, le Django original fait une apparition en forme de clin d’oeil, le nouveau Django expliquant à son personnage comme prononcer le prénom Django… Il n’y a que Kerry Washington (Broomhilda), le caractère féminin qui ne retient pas tellement l’attention. Il faut dire qu’on la voit peu, étant l’objet de la quête de Django. Je reconnais cependant qu’elle est très jolie et qu’elle n’est pas plus mal qu’une autre actrice dans le rôle, c’est juste que son personnage n’est pas très développé.

Vous l’aurez compris,  je suis sous le charme de « Django ». Encore une critique élogieuse. Pourtant, je ne raffole pas des films qui dépassent les 2h30… « Django Unchained »dure 2 heures 45  et je ne me suis pas ennuyée une seule minute (j’ai juste été un peu déçue de voir disparaître deux personnages clés avant la toute fin – mais le final de Django reste grandiose !)

Django Unchained

Réalisé par Quentin Tarantino

Genre : western (spaghetti)

2 h 44 min

avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio, Kerry Washington et Samuel L. Jackson…
Au cinéma le 16 janvier 2013
Interdit aux moins de 12 ans.

Synopsis :
Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…


Aller plus loin :

26 commentaires sur “[Critique] Django Unchained de Quentin Tarantino

  1. Je vois que tu es beaucoup plus enthousiaste que moi concernant le film. Je le trouve bon, parfois même hilarant (scène des cagoules) mais la dernière partie est trop longue. J’avais l’impression que Tarantino étirait son film en longueur car il n’arrivait pas à boucler son histoire. Et puis, ça devient lassant cette même mécanique scénaristique à chaque film. Bref, pour moi, 2 heures au top puis quarante cinq minutes laborieuses.

    1. Bonsoir, merci pour ton commentaire. (Oh oui, la scène des cagoules : culte !!) J’ai commenté également ton billet ; je suis d’accord que Q.T.aurait pu s’arrêter un peu avant (sans vouloir redire ma conclusion, quand deux des personnages principaux meurent, le film perd un peu de son intérêt). Mais je ne me suis pas ennuyée non plus. Je ne le regrette absolument pas d’être allée le voir.(Peut -être qu’à la TV j’aurais décroché – mais sur grand écran, j’étais « absorbée » par le film. Iras-tu voir ou as-tu vu le film de 1966 ?

  2. Bonsoir, merci pour ton commentaire. (Oh oui, la scène des cagoules : culte !!) J’ai commenté également ton billet ; je suis d’accord que Q.T.aurait pu s’arrêter un peu avant (sans vouloir redire ma conclusion, quand deux des personnages principaux meurent, le film perd un peu de son intérêt). Mais je ne me suis pas ennuyée non plus. Je ne le regrette absolument pas d’être allée le voir.(Peut -être qu’à la TV j’aurais décroché – mais sur grand écran, j’étais « absorbée » par le film. Iras-tu voir ou as-tu vu le film de 1966 ?

  3. Pour moi c’est pas vraiment au goût du jour … la violence y’en a partout , alors se la taper en plus au cinéma, non merci ! D’ailleurs je ne comprends pas le succès de ce metteur en scène. Enfin si, notre monde aime l’hémoglobine et les truands … de ce pas je vais revoir Mickey Mouse … non plutôt « Le goût des autres » ou « Les Emotifs anonymes » … chacun sa route …

  4. Quand je dis chacun sa route, c’est pas pour toi Claire, en me relisant je me dis que ça peut paraître un peu froid. Mais, les goûts et les couleurs … j’aime pas les films violents, y’en a beaucoup trop, je sature …

  5. Pas de souci Marie. C’est vrai qu’on voit de nombreuses scènes violentes au cinéma… Quand c’est trop pour moi, je ferme les yeux ! Je comprends tout à fait qu’on puisse saturer. Et, moi aussi, j’aime « Les Emotifs anonymes » et Disney : ce n’est pas incompatible 😉

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