UNE NOUVELLE CHANCE – TROUBLE WITH THE CURVE de Robert Lorenz – avec Clint Eastwood

UNE NOUVELLE CHANCE – TROUBLE WITH THE CURVE

Un film de : Robert Lorenz

Avec : Clint Eastwood, Justin Timberlake, Amy Adams, John Goodman

Musique : Marco Beltrami

Durée  : 1h51

Date de sortie : 21 novembre 2012

Synopsis 

Depuis plusieurs décennies, Gus Lobel (Clint Eastwood) n’a pas son pareil pour repérer les meilleurs joueurs de base-ball, mais, bien qu’il s’en défende, le poids des années commence à se faire sentir. Et pourtant, Gus – qui sait évaluer un lancer au bruit qu’émet la batte – refuse d’être mis au rancart.

Mais il n’aura peut-être pas le choix. La direction des Atlanta Braves se met à douter de la fiabilité de son jugement, d’autant plus que la sélection des meilleurs espoirs du pays s’annonce pour bientôt. Et la seule qui puisse venir en aide à Gus est aussi la dernière que celui-ci ait envie de solliciter : il s’agit de sa fille, Mickey (Amy Adams), collaboratrice au sein d’un puissant cabinet d’avocats d’Atlanta dont l’énergie et le dynamisme devraient lui permettre d’être promue associée. Mickey n’a jamais été proche de son père, mal préparé pour s’occuper seul de sa fille après la mort de sa femme. Même aujourd’hui, dans leurs rares moments d’intimité, il se laisse trop facilement distraire par ce que Mickey estime être sa grande passion : le base-ball.

Consciente qu’elle fait sans doute le mauvais choix, et malgré les objections de Gus, Mickey décide de l’accompagner dans son dernier voyage de repérage en Caroline du Nord, mettant en péril sa propre carrière pour sauver celle de son père. Contraints de passer du temps ensemble pour la première fois depuis des années, père et fille vont de découvertes en découvertes, révélant des vérités longtemps enfouies sur leur passé et leur vie présente qui pourraient bien bouleverser leur avenir.

Critique

© Warner Bros
Amy Adams et Clint Eastwood © Warner Bros

Une nouvelle chance … Mais rien de nouveau sous le soleil.

Classique. Voilà le meilleur adjectif pour ce film. Le scénario n’est pas  spécialement original : il remanie certaines images “eastwoodiennes” et stéréotypes made in USA. La réalisation de Robert Lorenz est discrète. Rien à signaler de particulier. Même le titre en français n’est pas spécialement inspiré : une dernière chance, une seconde chance … Mais de quoi ?  Pourquoi ne pas avoir gardé Trouble with the curve , nettement plus intrigant ?

Changer, pourquoi faire ?  Passons au point fort du film : Clint Eastwood. Clint interprète Gus, un vieil homme bougon et têtu, en rupture avec sa famille. Cela fait quand même bizarre au début de voir l’ancien inspecteur Harry avec des problèmes de vue et de prostate.  Mais ensuite, on retrouve les mêmes grognements que dans Gran Torino. L’aspect “reluctant aux nouvelles technologies – je vis dans le passé -et je bois des bières avec mes copains de 30 ans” rend le personnage sympathique. Les admirateurs de Clint seront donc contents de le revoir dans ce film… A noter que ce n’est pas seulement Gus, mais les autres personnages dans “Une nouvelle chance ” sont tiraillés entre besoin de sécurité et envie de changements.

Un trauma familial. Prenez la fille de Gus, Mickey. Ses relations sont complexes avec son père. Heureusement le bienveillant collègue de Gus forcent ces deux- là à se rapprocher et à communiquer. C’est clair, il  y a trauma quelque part. Déjà que Mickey a perdu sa mère jeune, mais il y a autre chose … Un évènement qui a fait que Gus a plus ou moins abandonné sa fille (le traumatisme est suggéré par un flashback : artifice peu original).

Amy Adams, actrice éclectique au fort capital sympathie, ne se sort pas trop mal de ce rôle- cliché ambulant : la golden girl qui a tout sacrifié à sa carrière par manque affectif. Elle n’est pas totalement effacée face au monstre sacré Eastwood. En revanche, sa romance avec l’ancien protégé de Gus est cousue de fil blanc. Justin Timberlake possède un certain charme, il joue sur du velours… Mais le courant n’est pas passé pour moi. Son rôle a néanmoins un rôle adjuvant sur la relation père /fille. Cette  amourette n’apporte pas grand chose au film.

Une intrigue sportive. Eastwood s’était intéressé à la boxe féminine (magnifique et émouvant Million Dollar Baby) , et au rugby (Invictus, qui aborde un point d”histoire méconnu de l’Afrique de Sud.) Ici on parle base ball, un sport moins spectaculaire, passionnant pour les Américains et les statisticiens. Voir Gus râler contre Sanderson (Matthew Lillard qui décidément adore jouer salauds suaves et pathétiques) qui  ne jure que par les chiffres est un grand moment. Tout cette partie sportive fait penser au Stratège et ne m’a pas passionnée.

“Une nouvelle chance” est un film mineur avec un grand acteur qui, comme son personnage, ne pense pas encore à la retraite. Les fans retrouveront “leur” Clint. Côté émotions en revanche, je suis restée sur ma faim. On en peut s’empêcher de penser qu’avec un scénario moins convenu et en inversant les rôles (Eastwood à la réalisation, Lorenz à la production) , on aurait eu un bien meilleur résultat. A vous de voir si vous souhaitez donner une chance au film.

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