[Critique] OLIVER SHERMAN de Ryan Redford

OLIVER SHERMAN de  Ryan Redford

Oliver Sherman de Ryan Redford

2010, Canada

Première oeuvre

1h22 / 35 mm / couleur / vostf

Scénario : Ryan Redford d’après la nouvelle Veterans de Rachel Ingalls

Interprétation : Garret Dillahunt, Donal Logue, Molly Parker, Kaelan Meunier, Ava Corbeil

Musique : Benoît Charest

Distribution : Kanibal Films Distribution

Date de sortie : 7 novembre 2012

Synopsis

Perdu et déconnecté des réalités, le vétéran Oliver Sherman s’installe à la campagne, à la recherche du soldat qui a sauvé sa vie pendant la guerre. Cet homme, Franklin Page, depuis longtemps passé à autre chose, a une femme, deux enfants et un emploi stable dans une ville rurale tranquille. A son arrivée, Sherman semble inoffensif, presque maladroit derrière sa carapace, mais à mesure qu’il s’immisce dans la vie des Page, il se révèle en colère, fragile, enclin à une grande jalousie et à un ressentiment profond. La stabilité, que Franklin s’était donné tant de mal à construire, est bientôt menacée, et la violence qu’il croyait avoir laissée derrière lui commence à réapparaître, planant à la fois sur sa famille et sur la ville elle-même.

 

Critique

Ryan Redford signe un premier long métrage épuré, adapté de la nouvelle « Veterans » de Rachel Ingalls. Ce qui est très fort dans ce film canadien, c’est qu’on part de scènes de la vie quotidienne, de gens ordinaires pour en faire un véritable thriller. En cela, il est aidé par un casting de choix, le film doit en effet beaucoup à l’interprétation de Garret Dillahunt, Molly Parker( et Donal Logue.

L’acteur  Garret Dillahunt ( Jesse dans Looper) a peut-être trouvé en Sherman le rôle de sa vie : taiseux, on le trouve d’abord gauche et attachant. Puis on sent la folie poindre sous un apparent masque de tranquillité. Il y a même des moments où il fait très, très peur. Pendant tout le film, je me suis interrogée sur ses motivations, sur ses actes passés et bien entendu sur ce qu’il allait faire au couple qui l’a recueilli. On se demande vraiment ce qui se passe dans sa tête – d’autant plus que  le réalisateur a eu la bonne idée de s’interdire tout flashback sur son passé de soldat.

On peut également s’interroger sur les motivations du bon samaritain, Franklin (Donal Logue), même si elles sont  un peu plus explicites : compassion, sens du devoir, charité, mais aussi culpabilité ( la sensation de l’avoir sauvé pour le mettre dans un autre enfer)… La liste est longue. Lui qui a refait sa vie, est devenu père de famille, ne touchait plus une goutte d’alcool, se retrouve au pub tous les soirs avec son ancien compagnon d’armes.Quitte à se fâcher avec sa femme (Molly Parker). Pourquoi s’entête- t-il à  garder  Sherman auprès de lui ?

Peut-on faire table rase du passé, surtout quand on a fait la guerre ? Peut-on oublier qu’on a tué des hommes ? Comment s’intégrer dans une société qui ne veut plus de vous ?  OLIVER SHERMAN aborde le sujet sensible des vétérans et de leur « réinsertion » dans la société. L’air de rien, le film pose d’intéressantes questions d’ordre psychologique ou sociologique, et se garde bien de nous fournir des réponses. Deux moments dans le film soulignent le problème d’identité de Sherman en tant que « vet ». Quand il se présente en tant que tel à une fête, on croit qu’il est… vétérinaire. On apprendra également que son nom et son prénom ont été inversés, faisant de lui  Oliver SHERMAN et non Sherman OLIVER… et qu’il n’a rien fait pour détromper les gens de cette erreur.

J’ai trouvé le film très prenant, pourtant c’est une histoire simple à première vue, contenant un certain nombre d’ellipses ( peut-être parce que ce film est tiré d’une nouvelle) et quelques longueurs. La fin est un peu frustrante, elle nous laisse dans l’expectative. On comprend ce qui arrive à Sherman, mais on ne peut qu’imaginer les répercussions sur Franklin et la famille. Un premier film prometteur pour Ryan Redford.

© Kanibal Films

 

NB: Le film date de 2010, en France ce film a été projeté en avant-première au Festival Paris Cinéma 2011.

Bande annonce

 

 

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