[Avant-Première] The Dark Knight Rises – Christopher Nolan

The Dark Knight Rises
The Dark Knight Rises (Photo credit: Wikipedia)

 

Samedi dernier se tenait au Grand Rex l’avant-première parisienne du très attendu The Dark Knight Rises de Christopher Nolan. Cet événement était organisé par la Warner Bros.

Florian Thébaut était présent à la soirée du Grand Rex. Il a accepté d’être l’envoyé spécial des Ecrans de Claire. Vous trouverez donc son compte-rendu un peu plus loin… Un grand merci à lui !

Mais avant de lire son avis, voici une piqûre de rappel sur ce film-évènement qui sera la conclusion de la trilogie “Batman” de Nolan.

  • D’abord la fiche film :

The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

Avec Christian Bale (Bruce Wayne / Batman), Anne Hathaway (Selina Kyle / Catwoman), Tom Hardy (Bane), Marion Cotillard (Miranda Tate), Joseph Gordon-Levitt (John Blake), Michael Caine (Alfred) Gary Oldman (Jim Gordon) Morgan Freeman (Lucius Fox)

Durée : 164 min.

Sortie le 25 juillet 2012

 

  •  Puis, le synopsis…

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent.Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

  • … Et enfin l’un des derniers trailers mis en ligne par Warner. De quoi faire saliver tous les Batmaniaques

 

 

  • Bonus : les fans du célèbre justicier de Gotham City  pourront retrouver  l’homme chauve-souris  à la Galerie d’art contemporain Chappe,  à Paris.

L’avis de Florian

TDKR

Une avant-première sur fond de tragédie

La soirée avait pourtant bien commencé. Les fans étaient venus par centaines, plus ou moins déguisés, arborant très souvent un t-shirt du “Caped Crusader”. Dans la queue d’une centaine de mètres longeant le Grand Rex, les aficionados de la chauve-souris échangeaient sur les fins potentielles du film lorsqu’ils ne faisaient pas référence à l’avant-première macabre survenue la veille outre-Atlantique. Comme annoncée le matin même sur le site officiel du cinéma, la venue de l’équipe du film fut annulée pour les raisons expliquées précédemment. Deux drapeaux français et américains ont ainsi été déposés autour de nombreuses roses sur la scène afin de rendre hommage aux victimes de la tragédie. Un attaché de presse est alors venu lire un message du réalisateur expliquant sa plus profonde émotion et la raison pour laquelle l’équipe ne se sentait pas en mesure d’assurer la promotion du film. Puis soudain, la salle s’assombrit et le silence se fit malgré quelques cris de fans surexcités ici et là.

Deux premiers opus de très bonne tenue

Ce que j’ai toujours aimé dans la mythologie Batman, c’est qu’elle est suffisamment riche et intéressante pour l’adapter à l’écran sous une autre forme qu’un blockbuster classique.
Les deux premiers films de la trilogie avaient globalement mené à bien cette mission. Ainsi, « Batman Begins », qui reste mon préféré des trois en terme de réalisation et de narration, comprenait une intensité dramatique réelle. Dans cette préquelle, nous comprenions ce qui a poussé Bruce Wayne à devenir Batman, sa soif de justice due à son passé chaotique. Le schéma narratif du film était judicieux et on s’attachait à cet homme que l’on voyait évoluer à travers son parcours initiatique. Ses liens avec Alfred, Ra’s al Ghul et Rachel étaient par ailleurs très bien développés. Une très bonne surprise en somme pour une franchise qui avait particulièrement souffert du dernier opus de Joel Schumacher.
Lors de ma première vision de « The Dark Knight », j’avoue avoir été un peu mitigé. Si le film possède de nombreuses qualités, le manque d’émotion, son manichéisme et la fâcheuse tendance de son réalisateur à être brouillon car trop rapide dans sa mise en scène m’avait empêché de le considérer comme la meilleure adaptation du justicier masqué sur grand écran. Il reste néanmoins pour moi un bon film et un très bon blockbuster grâce à la performance assez inoubliable d’Heath Ledger et à certaines idées qui font mouche (le sacrifice total de Batman à la fin du film en endossant les meurtres d’Harvey Dent par exemple). Nous étions jusqu’alors dans un respect total de la légende du Dark Knight. Il ne doit pas être un héros auprès des habitants de Gotham, juste un gardien silencieux, pouvant tomber lui aussi sous le coup de la loi.
Malgré cette légère déception et au vu des différents trailers du troisième opus, je me suis dit que « The Dark Knight Rises » pouvait faire figure de synthèse de la trilogie, qu’il pouvait reprendre les points forts du premier et du second pour ainsi trouver le parfait équilibre, un épisode ultime en somme. Malheureusement, j’ai dû sous-estimer ma grosse déception devant « Inception », dernier film du réalisateur, gros gloubi-boulga indigeste dépourvu de profondeur -paradoxal pour un film traitant de l’univers des rêves-.

« Comme si Nolan avait totalement cédé aux sirènes hollywoodiennes, au formatage “blockbuster” »

Mais alors que vaut « The Dark Knight Rises » me demanderez-vous ? Au fond, pas grand-chose. En tous les cas, rien qui puisse réellement justifier la réalisation d’un troisième volet. La faute à un manque de développement flagrant de nombreux personnages (Catwoman, Miranda Tate, etc.), à un méchant assez inintéressant et caricatural (un terroriste, wouah l’originalité), à une abondance de plans cut (faut pas être épileptique) et à des rebondissements permanents (à la limite du ridicule par moments). Comme si Nolan avait totalement cédé aux sirènes hollywoodiennes, au formatage « blockbuster » car actuellement, j’éprouve un peu de mal à saisir la valeur ajoutée d’un film comme celui-ci par rapport à la concurrence. En voulant tout mettre dans son film, Nolan ne développe au final que trop peu de plages thématiques (dire qu’on a osé parler de lutte des classes dans certains papiers). Le film manque aussi cruellement de scènes d’action marquantes (excepté le combat avec Bane à la rigueur).

 

bane

« La très désagréable sensation d’avoir assisté à une bande-annonce de 2h45…»

Alors oui, c’est visuellement impressionnant, même s’il ne fait pas mieux que le précédent film. Oui, certaines idées sont intéressantes (la scène d’introduction, la réintroduction de flashbacks, le passage du puits ou encore certains éléments de la séquence finale). Oui, certains personnages et certains liens sont convenablement exposés (le personnage de Bruce Wayne, sa relation avec Alfred et le traitement de John Blake). Oui, la bande originale de Hans Zimmer est toujours aussi efficace. Mais tout ceci est-il suffisant ? La réponse est non car le cinéma n’est pas un « concours de bites ». Un grand réalisateur ne peut pas user de rebondissements à tire-larigot dans l’unique but de divertir. Un grand réalisateur ne peut pas passer à côté du développement de personnages aussi intéressants que Catwoman. Un grand réalisateur ne peut pas non plus faire l’impasse sur des relations clés. Comment voulez-vous qu’une trahison possède une réelle intensité dramatique lorsque la relation entre les deux protagonistes se résume à 3 minutes de film ?
Enfin, un grand réalisateur n’a pas besoin d’être aussi rapide et confus dans sa mise en scène. Comme si, à l’instar d’« Inception », Nolan avait finalement peur d’ennuyer les spectateurs. En nous balançant dix plans à la seconde, ce dernier se retrouve dans l’incapacité de poser un background satisfaisant et de développer véritablement son histoire et ses personnages. Au bout des 2h45, j’ai donc eu la très désagréable sensation d’avoir assisté à une bande-annonce fleuve. Pire, je fais partie de ceux qui pensent que Nolan aurait dû s’arrêter après le second volet dont le final était, au passage, parfait.

J’en ai rêvé, Tim Burton l’a déjà fait ?

Force est d’avouer que la frustration engendrée par ce dernier opus m’a définitivement convaincu d’une chose ; Tim Burton demeure aujourd’hui le seul réalisateur à avoir fait d’une adaptation de “Batman” un chef d’œuvre. Il est important de préciser que je ne considère pas sa vision du mythe supérieure à celle de Nolan (le côté fantastique de l’un m’intéresse tout autant que le côté réaliste de l’autre). Seulement, en termes de réalisation et de profondeur, le film de Nolan fait parfois bien pâle figure à côté d’un… bah tiens d’un « Batman Returns », présence de Catwoman oblige. Il est parfois bon de se rappeler qu’il y a une vingtaine d’années, Tim Burton a réussi l’exploit de réaliser un de ses films les plus personnels et les plus touchants, multipliant des sujets jusqu’ici très peu développés dans des adaptations comics au cinéma. Il peut même aujourd’hui se targuer d’être le seul réalisateur hollywoodien à avoir fait une sorte de film d’auteur à l’intérieur d’un format blockbuster. Comme s’il s’était servi de l’univers Batman uniquement comme d’un prétexte pour faire passer des thèmes qui lui tenaient à cœur (la dualité, l’exclusion, la corruption, etc.) avec la présence de personnages fouillés et complexes au possible. Il paraît que c’est la marque des grands.

 

Crédits photos : (c) Warner Bros France

14 commentaires sur “[Avant-Première] The Dark Knight Rises – Christopher Nolan

  1. Et BOUM ! Carrément quoi … alalala il est dur le Florian… Comme quoi d’un siège à l’autre, d’un Florian à l’autre (oui oui) on peut avoir un avis radicalement différent ! Mias très belle critique avec pas mal d’arguments. Si Claire me le permet je laisserai ma critique dans un prochain message. @+

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