CÉSAR 2012 – retour sur la cérémonie


Crédit : Académie des César

L’an dernier, je devais couvrir la cérémonie. Je suis donc arrivée en avance munie de mon mail de confirmation au Théâtre du Châtelet et là, ce fut le drame : je n’avais pas de badge à mon nom. C’est là que j’ai compris ce que je devais faire : être l’oeil du grand public, et regarder les stars passer devant moi. Puis reprendre les transports en commun, manger et attendre le palmarès.

Cette année, j’étais invitée à une soirée César-raclette chez un ami, et cela suffisait à mon bonheur. Je n’avais pas l’intention de twitter…

C’est alors que le Plus du Nouvel Obs est arrivé. Une journaliste m’a sollicitée pour collaborer au live-tweet de la soirée… Une idée bien sympathique. Je devais donner mes impressions, que ce soit sur les films sélectionnés, la cérémonie en elle-même ou encore les stars présentes.

Voici donc ma chronique de la 37 ème cérémonie des Césars – entre deux tranches de fromage et deux tranches de rires.

Les nominations 2012 se partageaient entre 6 films.
« Polisse »
, le plus nommé (j’ai aimé, mais est -ce du grand cinéma ?) puis « L’Exercice de l’État » (11 nominations – un film à voir !), « The Artist » (10 nominations – le carton international de l’année.), « Intouchables » (9 nominations – un autre carton, et film que j’ai bien aimé ), « L’Apollonide » (8 nominations – film plus exigeant de Bertrand Bonnello), « La Guerre est déclarée » (6 nominations – encensé par la plupart du critiques depuis le festival de Cannes et de Cabourg) .
C’est plus que certaines années … Et c’est tant mieux, cela ménageait un peu de suspense.

Sur les réseaux sociaux, dans les transports en commun au milieu de personnes qui pensent certainement à autre chose qu’aux Césars, je me rends compte que la buzz battait son plein : la cérémonie n’avaient pas encore commencé et les twittos, facebookeurs continuaient à donner leurs pronostics, partager leur espoir de voir tel ou tel film gagner, ou tout simplement raconter comment ils vont voir les César .

Enfin, la cérémonie a commencé à l’heure. Je tiens à préciser que je n’ai bu que de l’eau et du jus de fruits, mais que j’étais entourée d’une bande d’amis déchaînés. Ce qui explique mes commentaires sur les robes des actrices et leur décolleté. Nous n’avions pas fait de pronostics et nous n’avions pas vu tous les films, il fallait bien que nous passions le temps. C’était cela ou l’excellent bingo des César de Slate.fr (lire l’article de Cécile Deshedins).

Une des grilles de Bingo - réalisée par Cécile Chalancon - via Slate.fr - J'aurais pu cocher au moins la moitié des cases : c'est très bien vu !

Donc , il est 21 heures, Guillaume Canet préside la 37ème Cérémonie des César (sobrement, avec un air assez triste et les yeux rouges), et Antoine de Caunes, notre Billy Crystal) à nous, est le Maître de Cérémonie. Si les petits sketches qu’il avait préparé étaient drôles (celui avec la tablette et François Berléand étant le plus drôle à mon avis), je n’ai pas trouvé les répliques d’Antoine de Caunes exceptionnelles.

J’ai trouvé que l’ambiance était un peu étrange, comme souvent aux César. On ne sait jamais si c’est du « septième lard » – jeu de mots de la soirée du réalisateur du « Cochon de Gaza ».
Conséquence : il règnait un certain malaise au Châtelet par moments. J’en veux pour preuve l’intervention de Mathilde Seigner qui remet le prix du meilleur acteur dans un second rôle (mérité) à Michel Blanc en demandant à Joey Starr « Didou » de venir sur scène car elle aurait aimé que ce soit lui qui le gagne…Ce genre de choses, on le fait chez soi, devant sa télévision, pas quand on est sur scène !

Julie Ferrier en dresseuse de chien ne m’a pas fait rire (le chien était bien dressé et drôle !), cela m’a juste fait penser à Go Go Tales.
Alexandre Astier aurait pu être amusant en nous plongeant dans une ambiance médiévale à la Kaamalott, mais non.
Enfin, je me demandais où était Mathieu Kassovitz, au vu de ses déclarations sur le cinéma français. Sa présence sur scène pour remettre le César de la meilleure photo m’a fait sourire même si je n’ai pas su quoi en penser… Quant à Kad Merad, a-il fait exprès de casser le pupitre à son arrivée ? Et je n’ai pas vu l’intérêt de l’intervention de Valérie Bonneton plaisantant sur la mauvaise haleine d’Antoine – à part vendre des Tic-Tac ?

Cette année était tout de même un bon cru, grâce à Michel Gondry, qui a décerné le César d’honneur à Kate Winslet en la draguant littéralement avec ses jeux de mots anglais ou plutôt son franglais. Sara Forestier nous a fait une parodie de l’an dernier. Là encore, on ne savait pas trop au départ si elle plaisantait. Laurent Laffite,  » the famous actor in the Little Kleenex » quant à lui fait rire l’assistance en remettant le  »César du meilleur Français dans une actrice américaine  », nominations fictives à l’appui ! Les hommages en images à Annie Girardot et Kate Winslet étaient très bien.

Dans l’ensemble, j’ai plus ri aux commentaires de mes convives * qu’aux textes des présentateurs. Et il y avait une meilleure ambiance chez nous.

*Extrait de dialogues entre nous :
« – Vas- y , twiiiiitte ! »
« -Tu mets 3 heures à écrire « quéquette  » – Ka-kate ! – Oui, mais ce n’est pas facile de retranscrire le jeu de mots de Michel Gondry sur Ka-kate Winslet ! ».
« Quand je suis contrarié, je débarrasse la table ! – Viens chez moi alors !  » (Notre hôte avait vu The Artist et n’avait pas aimé. Il était donc un peu « chiffon » au vu du palmarès – Palmarès dont je vous parlerai après.).

Nous avons aussi joué en mélangeant les titres des films nommés pour le meilleur court. Essayez chez vous : voici quelques titres : « J’aurais pu être une pute », « Je pourrais être votre grand-mère », »Un monde sans femmes » . Je vous laisse imaginer le résultat. Je vous rassure : on a aussi parlé de cinéma, de Disney aux nommés ce soir.

Ce fut amusant de twitter ainsi. Je recommande à tous les twittos d’essayer : c’est un bon test d’audition et un excellent exercice de concentration également.

J’encourage ceux qui ont lu les twitts sans regarder la cérémonie d’essayer de rattraper quelques discours. Essayez de voir les vidéos sur le site de Canal plus par exemple. Sinon, ils prendront les chroniqueurs de Twitter (moi y compris !) pour des obsédés des décolletés. Il faut dire que les actrices faisaient un concours de tops sans soutien-gorge. (Pas de parité car les hommes portaient tous un smoking, pas de t-shirt pour mettre en valeur leur pectoraux.)

Et vous, comment était votre soirée des César ?

24 thoughts on “CÉSAR 2012 – retour sur la cérémonie

  1. C’est vrai que Twitter a beaucoup parlé de nibards, toi y compris ! 😀 Globalement, plutôt contente du palmarès mais pas de la cérémonie elle-même. Mais de mémoire, je n’ai jamais trouvé de cérémonie des César palpitante, c’est toujours un peu beaucoup laborieux…

  2. C’est vrai que Twitter a beaucoup parlé de nibards, toi y compris ! 😀 Globalement, plutôt contente du palmarès mais pas de la cérémonie elle-même. Mais de mémoire, je n’ai jamais trouvé de cérémonie des César palpitante, c’est toujours un peu beaucoup laborieux…

  3. Bah moi j’ai trouvé l’ensemble plutôt lamentable (De Caunes était vraiment nul) et ce qui ma fait un peu rire, c’est la chute de Kad Merad et Julie Ferrier, le reste effectivement tout plein de malaise… Et puis donner le césar à Omar Sy, c’était juste la cerise sur le gâteau quoi…. (bon, ça faisait 2 mois qu’on le disait mais bon quand même…), on ne pouvait pas faire plus politiquement correct…

  4. Bah moi j’ai trouvé l’ensemble plutôt lamentable (De Caunes était vraiment nul) et ce qui ma fait un peu rire, c’est la chute de Kad Merad et Julie Ferrier, le reste effectivement tout plein de malaise… Et puis donner le césar à Omar Sy, c’était juste la cerise sur le gâteau quoi…. (bon, ça faisait 2 mois qu’on le disait mais bon quand même…), on ne pouvait pas faire plus politiquement correct…

    1. Merci pour vos commentaires Mesdames ( il ne faut plus dire Mesdemoiselles) !
      @Liligalipette: Ouf! Mission accomplie alors !:-).En même temps,venir au César en T-shirt est siplement impensable, vu les conventions actuelles. On peut faire des allusions à la drogue, au piratage, au sexe, avoir des mauvaises manières,faire des blagues pas drôles, faire la tête dans une telle cérémonie – mais attention, il faut être bien habillé.
      @ Delphine : je te recommande donc une raclette et une occupation intellectuelle pour la prochaine cérémonie 😉 Entre copains , on ne voit pas le temps passer !
      Pour Omar Sy, c’est un peu un César de la compensation pour le film.Personnellement j’ai trouvé qu’il était très bien dans le film, c’est un rôle qui lui va bien, il est sympathique. Mais son personnage doit beaucoup au personnage de François Cluzet (d’ailleurs, il l’a remercié). Et puis, Omar a une telle personnalité que c’est lui que je voyais à l’écran – pas trop son personnage. A côté de Philippe Torreton qui livre une performance physique ( perte de poids importante etc) dans un rôle très dur, le contraste est saisissant. Quant à Jean Dujardin, je crois bien qu’on ne voulait pas lui donner car il est tellement récompensé par ailleurs…Et sinon, ça aurait fait « trop » pour The Artist.
      @Karine : Tout à fait d’accord. Quand on compare aux Oscars, j’ai vraiment l’impression qu’en France,on ne sait pas faire. Je crois aussi que le MC a fait son temps. Pour le commentaire sur les rondeurs( ou pas) des actrices, j’étais un peu entourée d’hommes qui commentaient cette partie de l’anatomie féminine et effectivement j’en ai rajouté une couche en voyant que je n’étais pas censurée par le Plus et que tout Twitter faisait ce type de commentaires. Et puis, je crois que cela reflétait bien le sentiment général… Peut-être que l’an prochain, la mode sera aux cols roulés, c’est plus sûr !

  5. Haha, parler chair et fringues, ça fait partie du jeu !
    En ce qui concerne Omar Sy, il est très sympa, très rigolo mais en effet, dans Intouchables, on voit Omar Sy, pas un personnage. Pour moi, ce n’est pas (encore) un acteur… Disons que c’était le prix caution « jeune et grand public » des César. Dujardin aurait sûrement aimé être prophète en son pays mais bon, quand on voit le nombre de fois où il a été primé alors que Bérénice Bejo, qui est pour moi meilleure que Dujardin dans The Artist, repartait bredouille, ça équilibre un peu.

    1. Jean Dujardin aura quand même été récompensé en France. Je cite :  »(Relaxnews) – Le palmarès de la 13e édition des Etoile d’or du cinéma, décernées ce 23 février par la presse spécialisée française, a consacré The Artist de six récompenses. Les votants ont aussi tenu à saluer La Guerre est déclarée, Intouchables ou Tous au Larzac.

      Au contraire du jury des Globes de cristal, remis début février par la presse culturelle et artistique, les Etoiles n’ont pas oublié The Artist. Le long métrage muet a survolé la compétition, avec six Etoiles d’or : meilleur film, meilleur réalisateur (Michel Hazanavicius), meilleur premier rôle féminin (Bérénice Bejo), meilleur premier rôle masculin (Jean Dujardin), meilleure musique (Ludovic Bource) et meilleur producteur (La Petite Reine).

      Intouchables récolte deux récompenses, révélation masculine pour Omar Sy et meilleur distributeur pour Gaumont. L’Etoile d’or du scénario s’est partagée entre Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm pour La Guerre est déclarée. Angèle et Tony d’Alix Delaporte conforte son statut de favori pour le César du meilleur premier film, avec l’Etoile d’or équivalente.

      Anaïs Demoustier, vue dans Les Neiges du Kilimandjaro ou Elles, est repartie avec le prix du la révélation féminine. L’Etoile d’or du meilleur documentaire a échu, enfin, à Tous au Larzac de Christian Rouaud.

      Les Etoiles d’or sont remises par l’Académie de la presse du cinéma français depuis 1999.  »

  6. Haha, parler chair et fringues, ça fait partie du jeu !
    En ce qui concerne Omar Sy, il est très sympa, très rigolo mais en effet, dans Intouchables, on voit Omar Sy, pas un personnage. Pour moi, ce n’est pas (encore) un acteur… Disons que c’était le prix caution « jeune et grand public » des César. Dujardin aurait sûrement aimé être prophète en son pays mais bon, quand on voit le nombre de fois où il a été primé alors que Bérénice Bejo, qui est pour moi meilleure que Dujardin dans The Artist, repartait bredouille, ça équilibre un peu.

    1. Jean Dujardin aura quand même été récompensé en France. Je cite :  »(Relaxnews) – Le palmarès de la 13e édition des Etoile d’or du cinéma, décernées ce 23 février par la presse spécialisée française, a consacré The Artist de six récompenses. Les votants ont aussi tenu à saluer La Guerre est déclarée, Intouchables ou Tous au Larzac.

      Au contraire du jury des Globes de cristal, remis début février par la presse culturelle et artistique, les Etoiles n’ont pas oublié The Artist. Le long métrage muet a survolé la compétition, avec six Etoiles d’or : meilleur film, meilleur réalisateur (Michel Hazanavicius), meilleur premier rôle féminin (Bérénice Bejo), meilleur premier rôle masculin (Jean Dujardin), meilleure musique (Ludovic Bource) et meilleur producteur (La Petite Reine).

      Intouchables récolte deux récompenses, révélation masculine pour Omar Sy et meilleur distributeur pour Gaumont. L’Etoile d’or du scénario s’est partagée entre Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm pour La Guerre est déclarée. Angèle et Tony d’Alix Delaporte conforte son statut de favori pour le César du meilleur premier film, avec l’Etoile d’or équivalente.

      Anaïs Demoustier, vue dans Les Neiges du Kilimandjaro ou Elles, est repartie avec le prix du la révélation féminine. L’Etoile d’or du meilleur documentaire a échu, enfin, à Tous au Larzac de Christian Rouaud.

      Les Etoiles d’or sont remises par l’Académie de la presse du cinéma français depuis 1999.  »

  7. Merci Claire Fayau de rappeler Les Etoiles d’Or du Cinéma, qui est le Prix de la Presse du Cinéma Français.

    450 journalistes votants, chaque année de façon transparente, sans le risque de voir ces récompenses être le fruit de l’auto-congratulation de la profession ou d’une quelconque pression lobbyiste…

    1. De rien, c’est un plaisir.
      Il y a aussi les prix des Lumières, décernés par les journalistes étrangers en France.
      (D’ailleurs, en tant que blogueuse, je vais participer à la première cérémonie des HIMYB awards, l’idée est la même: récompenser des films sans être politiquement correct…)

  8. Merci Claire Fayau de rappeler Les Etoiles d’Or du Cinéma, qui est le Prix de la Presse du Cinéma Français.

    450 journalistes votants, chaque année de façon transparente, sans le risque de voir ces récompenses être le fruit de l’auto-congratulation de la profession ou d’une quelconque pression lobbyiste…

    1. De rien, c’est un plaisir.
      Il y a aussi les prix des Lumières, décernés par les journalistes étrangers en France.
      (D’ailleurs, en tant que blogueuse, je vais participer à la première cérémonie des HIMYB awards, l’idée est la même: récompenser des films sans être politiquement correct…)

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