Masterclass Paris Cinéma / Pixar : Julien Schreyer (Cars 2)

The entrance to Pixar's studio lot in Emeryvil...
Image via Wikipedia

A l’occasion de la masterclass exceptionnelle avec Julien Schreyer de Pixar, le festival Paris Cinéma a permis aux fans dont je fais partie de découvrir deux courts métrages inédits, le très poétique LA LUNA d’Enrico Casarosa  et  l’amusant VACANCES A HAWAII  de Gary Rydstrom, extrait de Toys Story Toons.

 Qui est Julien Schreyer?

JULIEN SCHREYER est “Directeur technique mise en lumière” ou “Technical Director ” en VO.

C’est l’équivalent du directeur de la photographie pour un film classique.

Originaire de Paris, Julien Schreyer est entré chez Pixar ( voir photo de l’entrée des studios ci -contre) en 2006. Il a tout de suite commencé à travailler sur le film oscarisé RATATOUILLE. Il a ensuite travaillé sur trois longs métrages Pixar oscarisés, WALL•E, LÀ-HAUT (UP) et TOY STORY 3.

Il a également participé aux courts métrages « Presto » (Souvenez-vous le lapin et le magicien), « Burn-e » et « Tokyo Martin » (de Cars toons. Lire mon billet à ce sujet  ici) . Avant de rejoindre Pixar, Julien Schreyer a travaillé onze ans aux USA, pour les Studios Tippett sur des projets  tels que RAYMOND de Brian Robbins et CONSTANTINE de Francis Lawrence. Il a également travaillé sur la lumière de films comme MATRIX REVOLUTIONS des frères Wachowski, HELLBOY de Guillermo del Toro et MEN IN BLACK II de Barry Sonnenfeld.

Avant de s’installer aux États-Unis, il travaillait dans les effets spéciaux en France.  Mais tenez-vous bien : il a fait ses débuts dans le monde professionnel en tant que DJ ! Il a notamment animé une émission sur feu Radio Montparnasse( MAJ 9 juillet : on ne me dit Radio-Montmartre dans les commentaires, mille excuses)., la musique étant son autre violon d’Ingres!

Julien Schreyer a grandi à Paris. Ses parents étaient créateurs de mode (sa mère chez Lanvin, où il passait tous ses mercredis après-midi…).Sa grand-mère  peintre et professeur d’arts plastiques l’a initié à toutes sortes de techniques artistiques, et son cousin possède une galerie d’art à Paris (proposant du Chagall etc.), galerie où sa femme a travaillé un temps. Julien confie que cet environnement familial d’artistes lui a servi et lui sert toujours dans son travail.

La culture sert énormément.

Quand on lui demande s’il se sent Américain à Paris ou Français en Amérique, il répond qu’il se sent très français (voire “franchouillard”) : il aime la musique, la cuisine et les films français. A part ça,  il vient de prendre des cours de macarons  à l’école du studio Pixar (on  peut apprendre ce qu’on veut  à l’académie Pixar).Et  il ne croit pas trop à la “French Touch” de l’animation, plus à  la culture personnelle de chacun.

Voilà pour la description de Monsieur Schreyer, qui nous a livré de nombreuses anecdotes, images à l’appui.

Ratatouille (film)
© Disney /Pixar - source photo: Wikipedia

La leçon de la masterclass

Passons maintenant à ce que j’ai retenu de cette bonne heure et demie.

J’ai tout d’abord retenu l’abnégation, la passion et la patience exigées pour le travail de Julien Schreyer. Des mois de travail pour quelques secondes à l’écran.

On observe beaucoup dans notre métier !

Julien Schreyer et son équipe à Pixar,  ils sont du genre à se mettre dans un sac poubelle pour rendre la vision des jouets de Toys Story, en prenant des photos et en conversant pendant des heures pour rendre à la perfection la faible lumière dans le sac.

A mettre plus de lumière dans la sclère des “yeux” et dans les “dents” des voitures de Cars. Du détail, on vous dit. Il a mis en lumière le  segment  parisien  de Cars 2 et de celui de Ratatouille.

Mais ce sont deux Paris différents. Celui de Cars est un monde adapté à l’automobile (…) La “carisation“.

Un des moments phares de la master class est la démonstration faite par Julien Schreyer sur la progression du film, photos  à l’appui. Le travail du directeur technique lumière intervient  en fin de processus : c’est le premier  à voir le film sous sa forme quasi-finale.

Voici les étapes d’un film d’animation (c’était un extrait de Ratatouille) :

Cover of
Wall-E (© Disney/Pixar) photo : Amazon
  1. Histoire (on voit une sorte de story board, un dessin au crayon noir)
  2. Layout
  3. Animation
  4. Simulation
  5. Effets
  6. Lumière

Après, on apprend qu’il a recours  à la “global illumination“(une technique qui permet de donner du relief  à l’image), mais pas seulement.

Enfin lorsqu’on lui demande s’il procède différemment pour la  3D, il répond que non, mais qu’il sent ce qui va bien marcher… Car c’est un métier à la fois technique et artistique qui demande d’avoir beaucoup d’intuition.

J’ai trouvé cette masterclass très intéressante et sympathique, parce qu’elle met en lumière un métier rare et exigeant.

Cars 2 ©Disney /Pixar

LIENS :

7 commentaires sur “Masterclass Paris Cinéma / Pixar : Julien Schreyer (Cars 2)

  1. dommage que la conférence soit restée trés générale, ce n’est pas souvent que l’on peut avoir un responsable éclairage/rendu nous parler de son métier

    1. Bonjour, je comprends bien cette déception (surtout après avoir “fait la queue” aussi longtemps).
      Cependant, à plusieurs reprises, il était possible de poser des questions (même techniques); mais peut-être que la conférence devait rester générale, pédagogique, et de courte durée, histoire de ne pas lasser les néophytes.
      L’idéal aurait été que la conférence dure un peu plus longtemps (finalement, elle aura duré moins de deux heures) et que les personnes intéressées puissent rencontrer Julien Schreyer ensuite pour des questions plus spécifiques. Une sorte d’after “master class”…Enfin,comme vous l’écrivez, c’est déjà rare d’avoir une telle opportunité !

  2. En parlant de rencontres avec des professionnels du cinéma .Le festival L‘Industrie du rêve est une manifestation dédiée aux « techniciens » du cinéma : réalisateurs, monteurs, décorateurs, ingénieurs du son, directeurs d’effets spéciaux, producteurs…. Ce festival, pionnier en son genre, existe depuis 11 ans et se déroule en Ile -de-France (voir le site : http://www.industriedureve.com).Cette année, deux volumes d’entretiens ont été publiés… Mon billet sur la manifestation de cette année et sur les livres http://legenoudeclaire.wordpress.com/2011/03/03/11e-festival-lindustrie-du-reve/

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